Blog de nav

Ce blog est destiné à nos proches, à nos amis et à tous les passionnés de navigation et de grand voyage. Nous donnerons de nos nouvelles dès qu'un spot wifi sera à portée d'antenne. N'hésitez pas à nous laisser un message. Notre localisation (lorsque le voilier est en mouvement) est indiquée par le petit bateau bleu.


Santiago

Praia (138 000 hbts), la capitale de l’archipel du Cap Vert située sur l’île de Santiago, la plus grande île et la première colonisée, ne figurait pas à notre programme, d’abord parce que quelques plaisanciers n’ont pas aimé qu’on leur pique leur annexe ou leur ordinateur de bord au mouillage, ensuite parce qu’il faut remonter la côte occidentale de l’île contre le vent dominant.

Disons-le tout de suite : nous avons pris des précautions, mais, quoique seuls étrangers au mouillage et parfaitement visibles des hauteurs de la ville, nous n’avons pas ressenti la moindre insécurité. En revanche, la ville ne mérite pas vraiment qu’on s’y incruste. Rues parallèles, bâtiments administratifs, architecture quelconque, bazars chinois tous les 30 m…

Mais voilà, l’écran de mon ordinateur, qui en avait peut-être assez de manger du sel et du sable, s’est mis aux abonnés absents et je devais rechercher un écran de substitution, que j’ai trouvé assez vite dans une boutique recyclant du matériel américain.

La grande baie de Praia est dominée par la vieille ville située sur le Plateau (ou Platô) et fermée par un môle qui vient d’être allongé ; elle offre donc, par presque tous les temps, une bonne protection. Nous avons mouillé à 250 m à l’ouest de la station service, où il est possible de faire garder l’annexe et de prendre un taxi vers la ville (tarif : 200 CVE). C’est là que nous avons déposé Matthias, notre dentiste bambergeois qui nous accompagnait depuis Maio, parce que, là-bas, on attendait le bateau de Praia depuis des semaines…

Une énorme statue en bronze du possible découvreur de l’île, Diego Gomes (entre l’histoire officielle et les récits d’époque, ça cafouille un peu), s’élève au bord du Plateau devant le palais présidentiel. La première colonie d’outremer, en même temps que la première colonie portugaise, a été établie sur cette île à la fin du XVème siècle, à Ribeira Grande, devenue Cidade Velha et abandonnée par la suite au profit de Praia. Dès 1472, 20 ans avant la découverte du nouveau monde par Christophe Colomb, les citoyens établis sur l’île ont eu le droit de posséder des esclaves.

La remontée de l’île par la côte ouest jusqu’à Tarrafal fut sans surprise : d’abord un vent favorable, puis plus grand-chose, enfin, au voisinage des derniers caps, un alizé renforcé par effet Venturi à 40 nds dans le nez. Notre moteur, appuyé par une grand’ voile arisée, a répondu présent. Le mouillage de Tarrafal ne fut pas simple, du fait du fond rocheux, à peine recouvert de sable, et nous avons dû empenneler 2 ancres par sécurité.

Tarrafal do Santiago, situé à la pointe NW de l’île, a de belles plages en pente assez douce, où la houle est plus maniable que dans d’autres îles, et une baie où le mouillage est agréable quoique venté, lorsque l’alizé est en forme, ce qui est le cas en ce moment. Un musée sur le camp de concentration de Chão Bom (littéralement : bonne terre, alors que le coin est hyper sec) a été inauguré en janvier 2016 par les premiers ministres du Portugal et du Cap Vert. Voir les explications sur les photos.

Dernière étape capverdienne : retour sur Mindelo (130 MN, soit environ 24 h de navigation au petit largue dans le courant de la semaine.

Justement, à propos de Mindelo, sur le site de Nathalia et Vincent, vous trouverez ça et ça.

Patrice

A propos de Patrice

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3 commentaires

  •    Répondre

    Chers Patrice et Michele,

    Merci bien pour ces nouvelles, les précisions sur la navigation et les belles photos. Et aussi pour la page d’histoire, bien que très triste, du camp de concentration.

    Le pauvre bambergeois a eu de la chance de vous trouver, sans vous, il attendrait peut-être encore son bateau !

    J’espère que la traversée jusqu’ à Mindelo s’est faite avec le vent adéquat.

    Bises à vous deux et merci aussi à Vincent et Nathalia pour leurs récits et photos,

    Martine

  •    Répondre

    Bonjour , on ne se connait pas , mais je vous avais déjà posté un mot il y qq longs mois concernant vos poèmes et vos chansons que j’ai écoutés. Je viens de faire
    un nettoyage dans mes adresses et hop je vous retrouve et vous garde !
    Bonne nagivation et belles histoires encore à vous lire .
    Béatrice habitante à Willstaett Allemagne .

  •    Répondre
    Marianne et Hendrik 6 mars 2016 at 11 h 55 min

    Bonjour les oiseux de mer,
    Après vos différents arrêts dans les îles de l’Archipel du Cap Vert, vous êtes certainement dans la traversée vers le Brésil.
    Fragments de reliefs, de couleurs, de culture portugaise, de contacts avec la population, de rencontre avec les navigateurs qui ont décidés de poser leur ancre, ou ceux qui affrontent les éléments aidés par les étoiles….
    merci pour vos commentaires chère Michèle et cher Patrice.
    Et nous depuis janvier?
    Nous naviguons le long de l’axe rhénan et nos vallées respectives en mêlent culture, nature et travail,
    et voyageons au delà, vers des jardins botaniques d’Italie où nous avons fait la cueillette de citrons, cédrats et pomelos en humant passiflores et aristoloches.
    Marianne prépare une exposition « Allant ailleurs » avant notre départ au Japon pendant la floraison des cerises en avril.
    Bon vent!
    Et au plaisir de vous retrouver!
    Vos visages sont de plus en plus détendus, irrigués par vos découvertes et le vent permanent!
    Marianne et Hendrik

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