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Les Grenadines : Carriacou, Tobago cays, Mayreau
Caraïbes
Voir nos articles de décembre 2017 sur Carriacou, les Tobago cays, Mayreau et Canouan.
Tyrell bay sur Carriacou, la Grenadine grenadienne (avec Palm island et la petite Martinique), est toujours très occupée, car il y a deux chantiers nettement moins onéreux que le chantier du Marin : l’ancien à droite et le nouveau à gauche. D’après les ouï-dires, aucun des deux ne semble démériter.
PS : L’île a malheureusement été dévastée par l’ouragan Beryl en juillet 2024 et les chantiers ont été percutés de plein fouet. Voir ici.
De l’autre côté du mont St Louis, la « capitale » de l’île, Hillsborough et son marché coloré.
Comme il est gai le cimetière, même abandonné par les humains !
Oubliées les fleurs artificielles comme en Martinique. Les tombes semblent disséminées au hasard, les mauvaises herbes sont roses et fleurissent joyeusement un peu partout, il y a de la vie, un mouton qui bêle, un agneau qui gambade entre les tombes et appelle sa maman. Pas de mur d’enceinte, mais des buissons, des arbres, certains de taille majestueuse comme ce manguier qui étend son ombre sur un petit groupe de sépultures au bord de la route.
Les Tobago cays, ces quelques îlets perdus dans une vaste enceinte corallienne, où, faute de balises, on s’aventure en suivant les chenaux dessinés sur la carte, sont toujours aussi enchanteurs. Mouillés entre Petit Bateau et Petit Rameau, nous regardons les bateaux charter passer et déverser leurs passagers dans l’unique restaurant de l’île, dont la spécialité est évidemment la langouste, et nous finissons par nous laisser attirer par un boat boy sur la rive (prix 80 EC$ par personne + boissons).
Ici, le vent souffle toujours et il y a du courant, lorsque la marée remplit ou vide le lagon, dont les bords sont ourlés de l’écume de la houle d’alizé qui s’y heurte. Les couleurs passent par tous les bleus inimaginables.
Mayreau, la petite île située juste en face des Tobago cays, a du charme et est rattachée en partie au Tobago cays marine park. Un gros village, une église sur les hauteurs, un panorama splendide sue les cays et une anse paradisiaque au nord (Salt whistle bay) qui coûte assez cher (60 EC$ par jour pour une bouée + 20 pour les boat-boys contre 30 EC$ pour l’ancrage aux TC).
Saline bay, au pied du village Old Wall un peu plus au sud, offre une alternative encore gratuite.
St Vincent exploite consciencieusement ses Grenadines, en s’appuyant sur les flottilles de catamarans qui déferlent en ligne droite de la Martinique. La question pour eux est de savoir jusqu’où ne pas aller trop loin, car le temps imparti aux vacances est limité.
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Carriacou et la Petite Martinique sont les seules Grenadines appartenant à la Grenade. Les autres ont été intégrées au territoire de l’île-état de St Vincent situé plus au nord. Les errements d’une décolonisation à la britannique, sous la pression des Américains, et les velléités d’indépendance des nouveaux états caraïbes ont anéanti la « West Indies Federation » ― qui allait d’Antigua jusqu’à Trinidad (3,3 millions d’habitants) ― et créé pléthore de micro-états.
Après la période colombienne, ces deux îles étaient peuplées par des Français.
Tyrrel bay, située à l’ouest de Carriacou, est l’un des mouillages les plus célèbres des Caraïbes. Sa mangrove sur sa côte nord est aussi un trou à cyclone. On y trouve deux chantiers, un soudeur sur trimaran intégré depuis longtemps au paysage, d’excellents restaurants (Lady Turtle, Slipway), des fruiteries…
Pour d’autres besoins, Hillsborough, le chef-lieu de l’île, se trouve à proximité : quelques EC$ pour un trajet en minibus, 30 EC$ en taxi.
Un cadre magnifique et une population attachante qu’on a du mal à quitter.
Aux Caraïbes, le temps qu’il fait est très éloigné du froid qui sévit sur l’Europe. Mais la notion du temps qui passe y est aussi très différente, nous le remarquons chaque jour.
« The lady’s cleaning », nous dit le policier lorsque nous sommes allés remplir nos obligations en quittant le territoire grenadien. Nous ne voyions pas trop le rapport avec nos affaires, jusqu’à ce que nous aperçûmes la femme chargée de l’entretien du minuscule bureau. La file des plaisanciers désirant quitter l’état de Grenade s’allongeait et « the lady was still cleaning », enfin disons qu’elle se mouvait avec une infinie lenteur et manipulait son balai et sa pelle avec des gestes onctueux et un tel calme qu’on avait l’impression de voir un film composés de longs plans séquences. Burn out proscrit !
Quant à la douanière, qui complétait comme il se doit le travail du policier, elle tapait sur son ordinateur avec de faux ongles longs de plusieurs centimètres, richement décorés, qui parvenaient à peine à atteindre la bonne touche. Heureusement, son travail consistait essentiellement à encaisser l’argent et à tamponner les récépissés.
Le policier, lui, était un jeune homme sérieux. Il nous fallait remplir le même document en partant qu’en arrivant. La paperasse est une constante aux Caraïbes ! A priori un travail répétitif pas trop compliqué. Mais, comme son collègue de Prickly bay qui nous avait reçus avait laissé passer des détails insignifiants, il prit le temps de corriger tout cela dans le document de sortie. Brutalement l’ordinateur s’éteignit ; j’avais touché la pelote de fils qui débordait du bureau. Cela devait arriver plusieurs fois par jour. Nous avons recommencé comme si ne rien n’était…
Le temps après lequel nous courrons toute notre vie semble ici inconsistant, inexistant.
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