Blog de nav

Ce blog est destiné à nos proches, à nos amis et à tous les passionnés de navigation et de grand voyage. Nous donnerons de nos nouvelles dès qu'un spot wifi sera à portée d'antenne. N'hésitez pas à nous laisser un message. Notre localisation (lorsque le voilier est en mouvement) est indiquée par le petit bateau bleu.


Court séjour à St Vincent

De Bequia, nous avons fait route sur St Vincent. Pour effectuer notre clear out (la sortie administrative d’un territoire), nous avons choisi Chateaubelair, sur la côte NW de l’île, d’abord parce que le lieu de tournage de « Pirates des Caraïbes » Wallilabou ne jouit pas d’une très bonne réputation et que les boat boys y sont envahissants, ensuite parce qu’un Anglais avait noté que l’officier présent à Chateaubelair se chargeait d’accomplir en même temps les formalités de douane et d’immigration, peut-être aussi parce que l’appellation d’un grand Saint-émilion…

Mauvaise pioche !

Une fois les paperasses policières réglées, on nous a demandé d’aller à la douane de Wallilabou (33 € de taxi tout de même !) pour faire les formalités de douane… Donc, mieux vaut éviter Chateaubelair (la plupart des bateaux évitent même St Vincent), d’autant que la houle rentrante rend le mouillage inconfortable par alizé de NE et que, pour couronner le tout, il a beaucoup flotté durant les 48 h que nous y avons passées.

La route pour Wallilabou est un sentier de mulet un peu élargi serpentant le long d’à-pics volcaniques vertigineux ; c’est étroit, truffé de montées et de descentes abruptes, agrémenté de centaines de virages, dont chacun représente un défi à l’automobiliste moyen. Notre Fangio balance un coup de klaxon avant chacun d’entre eux et s’y engouffre en accélérant sans plus attendre.

Le van nous avait ramassés alors que nous attendions notre taxi qui n’était pas là et il s’imaginait faire une bonne affaire. « You know, my car is bigger than the taxi. It’s why you have to pay 150 EC$ (au lieu des 100 promis à l’autre). » Pas question ! Il n’insiste pas. Toujours bien d’essayer…

Arrivés à Wallalibou, une très belle crique, personne au bureau des douanes. Le guide du petit musée local, qui fait la part belle à « Pirates des Caraïbes » (Walt Disney leur a laissé les décors du film en bois), nous a entraînés dans son antre pour gagner lui aussi un petit billet. Puis arrive le policier qui nous a reçus à Chateaubelair et nous dit : « The customs officer will come later. If she does not come, we can fill out the papers in Chateaubelair. » (?!?!?)

Pendant ce temps, le taxi commandé et laissé pour compte a fait la route et s’explique avec l’autre, lui disant que le « guy » qui nous aide à passer les vagues avec notre annexe lui avait dit que « we have no return from Wallilabou ! ». Bref, il voulait lui aussi sa part du gâteau. Le premier dit OK, je prends 50 pour l’aller et toi tu as 50 pour le retour. Entre gens de bonne compagnie on s’entend à merveille.

On n’est pas très loin du film !

La douanière a fini par arriver, le navigateur sud-africain qui quittait aussi le pays n’a jamais compris pourquoi il devait donner 45 EC$ au policier et 35 à la douanière, alors que nous avions juste à payer la douanière, et nous avons pu repartir à Chateaubelair avec le second taxi, un charmant garçon, qui nous a parlé un peu du pays.

D’abord, rencontre avec une troupe d’ados expansifs transportée dans un camion benne. Comme car de ramassage, on peut trouver mieux ! Il nous explique qu’un centre de redressement vient d’être créé sur les hauteurs de Wallilabou et que la troupe en question en sortait.

« Petit bordel secondary school ». Yen a qui diront que ça doit être de leur collège qu’on parle ici. Non-non ! C’est bien le nom de cet établissement. Voyez un peu.

En fait, l’anse de Petit Bordel, située au sud de Chateaubelair, porte ce nom probablement parce qu’en contrebas de l’actuel quartier des pêcheurs se trouvait jadis un bord-d’eau, c’est-à-dire un estaminet où les pêcheurs allaient boire un coup et assouvir d’autres besoins. Le nom est resté au quartier… et au collège. Mais chacun sait ici ce que ça signifie.

Les gens de cette partie nord de St Vincent ne sont pas plus mal qu’ailleurs, ils sont un peu frustes et pas bien riches et ils attrapent les rares occasions qui se présentent à eux d’améliorer leur ordinaire ; mais ils méritent d’être mieux connus. Le meurtre d’un plaisancier allemand le 4 mars 2016 a détourné beaucoup de monde de ce très bel endroit et de l’île toute entière. Le Premier ministre de St Vincent a constaté le désastre :

« This is a terrible terrible stain on our country and this criminal act by these two masked intruders […], it cost millions of dollar, because we sell peace, security, tranquillity. »

On ne se défait jamais d’une mauvaise réputation (cf. Brassens).

Une autre fois peut-être, nous nous arrêterons à Wallilabou.

Malheureusement, aucune photo de Wallilabou : l’appareil était resté sur le bateau.

 

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