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09. St Pierre sous la haute surveillance de la Montagne pelée

Entre Martinique et Guadeloupe

Entre Martinique et Guadeloupe

Caraïbes

Voir nos articles de janvier, février et avril 2018 sur la Martinique et de février et mars 2018 sur la Guadeloupe, Marie-Galante et Les Saintes.

Avant d’aborder les « terras incognitas », c’est-à-dire, pour nous, les îles du nord de l’arc antillais, nous repassons par des lieux bien connus.

En Martinique : les anses d’Arlet (la Grande cette fois-ci), l’anse Mitan, la marina de l’étang Z’abricots, Saint-Pierre.

En Guadeloupe : les Saintes, la marina du Bas-du-Fort à Pointe-à-Pitre, Deshaies.

Juste avant le Nouvel An, la Grande anse d’Arlet est bourrée de bateaux venus du Marin, de Fort-de-France ou d’ailleurs. Le magnifique champ de bouées sur lequel est censé régner la capitainerie (eh oui, il y en a une !) n’existe pratiquement plus, une tempête a dû passer par là, à moins que ce ne soient les Gilets jaunes locaux, mécontents de voir toutes ces bouées, et tout le monde est à l’ancre.

Pour accomplir la clearance, il faut parcourir environ 4 km à pied AR jusqu’à la Petite anse et un local dissimulé sur le bord de mer appelé « Cyberbase », une réminiscence du passé sans aucun doute (3 € pour la photocopie de la déclaration sur ces fameux ordinateurs des douanes dont le logiciel doit dater de Napoléon).

Quant aux restaurants, les meilleurs (selon Tripadvisor) sont fermés au réveillon du Nouvel an. Restent les pas vraiment bons : la serveuse de Bidjoul devrait changer de boulot, tant ça lui pèse de servir les clients, et le cuisinier…

L’Anse Mitan, à côté de la presqu’île dite Pointe du Bout, donc en face de Fort-de-France, serait agréable si les pilotes des navettes ne mettait pas un point d’honneur à arriver et à repartir plein gaz pour semer la tempête sur le plan d’eau.

Le restaurant T-Taurus, juste à côté de l’appontement, offre une cuisine très convenable et les serveuses y sont avenantes.

À l’opposé de la Pointe du Bout, où le village créole, les appartements de vacances, la marina et les plages maintiennent une animation de quartier sympathique, la bourgade des Trois-Îlets donne l’image d’un lieu morne et désert, que la vie semble avoir abandonné depuis longtemps. Quelques sculptures renvoient à la réalité de l’esclavage.

À la marina de l’étang Z’abricots, comme il y a eu un changement de gestionnaire, avoir un contact et tomber sur celui qui peut décider relève souvent du tour de magie. Autres solutions : s’arrêter devant la marina (il y a des bouées), y aller en annexe et tenter de rencontrer la personne qui peut décider ou bien appeler sur le 9 et entrer.

Contact, si rien ne change : +596 596 75 11 57 ou +596 696 92 21 06 (Denis) ; email = portdeplaisanceezab@cacem-mq.com

Ordinateur pour clearance disponible.

La marina est située dans une zone en cours d’aménagement où les immeubles poussent comme des champignons ; le bus 211 y a son terminus et la ligne conduit au centre de Fort-de-France. Les taxis, qui viennent de Fort-de-France, imposent des tarifs parisiens : 26 € pour revenir du Leader price situé à 3 km. Le cadre aux abords de la mangrove est agréable et les installations sont neuves, le bâtiment du nouveau restaurant est déjà sorti de terre et une extension vers le port de commerce est prévue. Station service et bouées à l’extérieur.

Arrêt d’une nuit à Prince Rupert bay au nord de l’île de la Dominique (encore une fois sacrifiée) et arrivée aux Saintes, île guadeloupéenne. Mouillage sur bouée derrière le Pain de sucre (13 € par jour pour un 13 m). Ordinateur pour clearance disponible chez LSM, le loueur de bouées à Terre-de-Haut, pour 2 €. Site toujours aussi exceptionnel qu’on peut contempler d’en haut, juché sur un puissant vélo électrique à gros pneus, capable d’avaler des routes ultra-pentues pour 20 €/jour.

Nos amis de Mora-Mora, qui étaient revenus d’Uruguay sans casse, ont eu la surprise de voir grimper à leur bord, entre Dominique et Saintes, un trimaran de 11 m tout entier. D’insouciants Normands, bâbord amure, fonçaient sur les flots bleus, sans trop regarder devant eux. Que des dégâts matériels (importants tout de même) ; mais la mer des Caraïbes, sillonnée par de gros multicoques toujours pressés, peut réserver de mauvaises surprises.

Notre électro-pilote ayant déversé son huile rouge dans un coffre de la cabine arrière et nous ayant laissé le soin de conduire le bateau (ce que nous avions un peu oublié), il nous fallait aller à Pointe-à-Pitre, à la marina du Bas-du-Fort, là où arrive la Route du Rhum tous les 4 ans. Une chance : prise en charge rapide et remise en état du vérin du pilote par l’équipe de Fredmarine, agent Lecomble & Schmitt.

 Prix de la marina : 31 €/jour. On peut aussi rester 10 jours (en les segmentant ou non) pour 250 €. Marineros sympa et compétents. Clearance sur ordinateur : 3 €.

Pour terminer, halte d’une nuit à Deshaies, l’ancien repaire de Coluche sur la côte sous le vent de la Guadeloupe, avant de voguer vers de nouveaux rivages.

06. La Martinique, le mouillage de St Anne

La Martinique : Ste Anne et le Marin

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Le mouillage de Saint-Anne entre la pointe Dunkerque et la pointe du Marin est immense et assez bien protégé de la houle d’alizé ; beaucoup de bateaux s’y arrêtent ou y fuient l’agitation (relative) du Marin.

Du large, quand on aperçoit les centaines de mâts plantés devant le bourg de Sainte-Anne, on se demande si on va trouver une place où jeter son ancre. En arrivant sur place, on voit que chaque bateau occupe quasiment l’équivalent d’un terrain de football.

La bourgade a un marché aux fruits et aux légumes, dont des produits locaux de qualité, des commerces et des restaurants. La Dunette, avec son ponton à annexes et sa terrasse les pieds dans l’eau, permet de retrouver des mets et des plats qu’on avait un peu oubliés dans les îles moins riches ou conditionnées par les habitudes anglo-saxonnes, par ex. une côte de bœuf sauce au poivre avec un Côte du Rhône qui remplace avantageusement les mauvais vins californiens ou argentins, uniformes et sans saveur.

Pour admirer le point de vue, rien ne vaut une montée au calvaire, devenu « lieu de protection contre les tsunamis », …mais c’est raide !

Le Marin c’est (avec Chaguaramas) la Mecque de la plaisance.

La marina est logée au fond d’une longue enclave maritime, protégée de tous les vents par les collines environnantes et la presqu’île des Boucaniers (le Club Med), où les cayes et les bancs de sable sont nombreux. Des milliers de bateaux s’y trouvent soit sur ponton, soit sur bouée, soit à l’ancre, le plus souvent dans une « mud » collante (la vase) : d’innombrables unités de charter, ces catas massifs qui uniformisent le paysage des Caraïbes, des voiliers encore pimpants qui viennent juste d’arriver de l’autre rive, d’autres dont les skippers ont élu domicile dans la baie et ne naviguent plus qu’en annexe pour aller boire leur ti-ponch, des voiliers de toutes nationalités profitant du site et des prix attractifs de la marina toujours bondée, des bateaux à demi coulés qui s’enfoncent dans la vase chaque jour un peu plus et dont seule la mâture émerge encore…

Le Marin, un ancien village de pêcheurs, n’a aucun cachet particulier ; il vit de et par la plaisance et sa vocation est utilitaire. Il agrège toute une industrie navale : marina en extension permanente, innombrables bouées de mouillage, chantier, artisans, brokers, shipchandlers, marineros, vendeurs d’eau, laveries, supermarchés, restaurants, boutiques en tous genres… Le mouvement s’est progressivement accéléré et tout s’est transformé très vite …trop vite. Il faut vite créer des places de port pour satisfaire les nouvelles demandes dans un lieu considéré comme sûr.

Pour les supermarchés, c’est soit Leader price du côté de Montgérald près de la zone technique (qui met un magnifique ponton à la disposition des plaisanciers), soit Carrefour market à 200 m du premier au centre commercial Annette, et pour les formalités douanières, ça se passe sans difficulté sur un ordinateur à la capitainerie (5 € le document imprimé).

Les cartes téléphoniques data sont chères (concurrence quasi inexistante !) : 19 € 1 Go chez Orange, 15 chez Digicel (contre 30 € les 4 à 6 Go à Grenade ou à St Vincent, par exemple). Digicel, présent dans toutes les Caraïbes, n’a pas réussi à fédérer son réseau ; les cartes Digicel des autres îles ne fonctionnent pas sur digicel.fr (!)

Prévoir des travaux sur un bateau exige ici du temps, beaucoup de temps et de patience ; les artisans, déjà peu disponibles en hiver, sont accaparés par les bateaux cyclonés à St Martin qui en ont réchappé et descendent au Marin pour une remise en forme. Il faut du temps pour les attraper et ils ne se déplacent que pour un travail qui en vaut la peine et rapporte un minimum. Alors, on reporte à plus tard ce qui n’est pas urgent et, pour le reste, on se débrouille soi-même.

Quant au livreur d’eau (06 96 97 90 15), il couvre une immense zone de mouillage jusqu’à l’anse Caritan et il faut aussi être patient ou faire le plein dès qu’on l’aperçoit.

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