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Espargos, sur la place du village devant un rafraîchissement.
Nous étions partis pour le cap Vert et nous sommes au Cap Vert. Bizarre autant qu’étrange ! Pourtant, c’est simple : le cap Vert est l’un des grands caps qui saillent de la côte africaine, dont la presqu’île héberge la métropole de Dakar (Sénégal), et l’archipel du Cap Vert (pays indépendant depuis 1975) a hérité son nom du cap en face duquel il est situé.
Pourquoi ce changement ? Tout simplement à cause du vent et surtout de la houle, qui nous venaient d’est, parfois du sud-est, ralentissant notre progression vers le sud et nous procurant un moindre confort qu’un cap plus à l’ouest.
720 MN parcourus en 5 jours, précisément en 121,5 heures, soit pratiquement 6 nœuds de moyenne, c’est bien, si l’on considère que, durant les 17 dernières heures, l’énergie mécanique à bas régime a dû compléter un vent ui faiblissait.
L’île du Cap Vert située au nord-est est l’île de Sal (sel en portugais du fait des salines de Pedro Lume) et le premier mouillage se trouve au NW devant le petit port de Palmeira. C’est là, dans cette baie abritée de l’alizé (qui souffle fort à présent) que se retrouvent la plupart des bateaux venant des Canaries, en attendant de rejoindre Mindelo, capitale économique du Cap Vert, et de traverser l’océan vers les Caraïbes ou l’Amérique du sud.
Ces îles, situées au milieu de l’Atlantique, au carrefour des voies commerciales entre l’Europe, l’Asie et l’Amérique, n’ont été découvertes qu’en 1460, au hasard d’une tempête, par une expédition portugaise qui longeait la côte africaine. Elles ont servi durant des siècles de plate-forme d’échange pour le grand marché aux esclaves recrutés manu militari dans les vallées fluviales d’Afrique équatoriale, de nids de pirates et aussi à la déportation des détenus de toutes sortes, des opposants politiques et des juifs.
Elles ont commencé à péricliter lorsque la canne à sucre a été remplacée par la betterave sucrière et que l’esclavage a été interdit dans l’hémisphère nord (Congrès de Vienne, 1815). Le Portugal les a laissé vivoter et, lorsque le pays a conquis son indépendance, le taux de chômage avoisinait les 60 %.
Les Capverdiens sont cependant des gens avenants et ouverts, de commerce agréable, s’il n’y avait la barrière linguistique du créole portugais. Les vendeurs de bidons d’eau, de légumes et les transbordeurs (ceux qui viennent nous chercher à notre bateau) nous roulent au mieux de leurs possibilités, mais on peut considérer que c’est une contribution à une économie locale quelque peu souffreteuse.
L’île de Sal a beaucoup et mal construit sur sa côte méridionale, où se trouvent ses plus belles plages, pour développer l’accueil touristique ; mais elle est loin de posséder les mêmes atouts que les îles de l’ouest et du sud.
Nous n’oublions pas le Sénégal, en particulier la Casamance, où nous espérons pouvoir nous rendre après notre périple capverdien.
Nous vous souhaitons une heureuse année 2016 !
Récit de Nathalia et Vincent sur Tenerife : ici.
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