Auteur :patrice
Entre Costa blanca et Baléares
Espagne
Petite croisière estivale avec enfants et petits-enfants entre Alicante, Tabarca, Calpe, Ibiza (baie de Sant Antoni de Portmany et Portinatx) et L’Albir, avant de rejoindre Cartagène.
Alicante et Tabarca, nous en avons déjà parlé plus haut, sauf que, pour Tabarca, il s’agit ici du mouillage de la côte méridionale de l’île. En dehors des Baléares, plus lointaines, c’est pratiquement le seul lieu de mouillage dans le secteur et il est toujours très fréquenté durant la journée. La nuit, tout le monde repart à Alicante ou à Santa Pola, juste en face, et on est plus tranquille… jusqu’au matin suivant. L’île étant orientée ouest-est et le vent étant le plus souvent de secteur est, l’abri est illusoire ; on peut juste espérer une houle supportable.
En allant vers Ibiza, nous passons devant le Manhattan méditerranéen, je veux dire Benidorm, où les tours, construites les unes sur les autres, forment un front de mer effarant. On ne s’y habitue pas ! Mouillage sur bouée gratuit (très rare en Méditerranée) derrière la pointe de Bombarda à proximité de la station balnéaire de L’Albir, puis mouillage sur ancre à Calpe, à l’abri de l’énorme falaise du penon d’Ifach, qui protège assez mal de la houle de SE.
Calpe a été urbanisée et continue de l’être parcelle après parcelle et, là aussi, les immeubles s’élèvent toujours plus nombreux. Pour trouver un supermarché, il faut trotter assez loin quand on est mouillé devant le port.
Traversée vers Ibiza sous génois seul avec l’appui du bon vent de SW qui secouait le mouillage (où j’ai d’ailleurs laissé mon smartphone). Nous avions visé la cala Tarida sur Ibiza, mais, vu la houle qui s’y engouffrait, nous sommes allés d’une traite (près de 80 MN depuis Calpe) jusqu’à Portinatx au nord de l’île d’Ibiza, situé dans une cala agréable, sauf par vent du nord, et en sachant que l’ancre accroche très moyennement.
Quelques jours plus tard, après qu’un italien nous a emporté notre ancre dans une brusque saute de vent, nous redescendons vers la grande baie de Sant Antoni de Portmany (San Antonio Abad en castillan) et trouvons un refuge très provisoire dans la cala Grassio, au nord de Sant Antoni.
Les énormes masses nuageuses qui masquaient le coucher du soleil nous ont apporté 30 à 40 nds de vent dans la nuit et nous avons dû nous réfugier de l’autre côté de la baie, à proximité du champ de bouées louées par la marina de Sant Antoni.
Sant Antoni n’a jamais la moindre place vacante ni au port, ni sur bouée (malgré un tarif de 55 €). On nous fait lanterner et, au bout du compte, on n’obtient rarement une bouée, même début septembre. Pour remplir ses réservoirs d’eau, on a le droit d’accoster durant 2 heures vers midi, après avoir appelé le 9, et de payer 40 € (!). De plus, il y a dans toute la baie des zones assez vastes occupées par les posidonies et surveillées jalousement par les gardes locaux. Une application sur smartphone Donia permet de savoir où on met sa quille… ou plutôt son ancre. Bref, si la houle et le vent sont mal disposés, Ibiza ne sera pas le paradis qu’on peut s’imaginer.
Nous avons attendu nos équipiers familiaux dans la houle devant le môle de Sant Antoni, ce qui nous a valu de retourner l’annexe et de noyer le moteur hors-bord. Nous avons quitté cette mauvaise zone pour la cala Bassa, suroccupée, mais protégée par un cap et le chapelet des îles Conejera.
Retour à Portinatx, où la drisse de génois a eu la malencontreuse idée d’aller se prendre une seconde fois dans l’enrouleur de génois ; puis traversée au moteur vers le mouillage calme de L’Albir, d’où nos jeunes équipiers ont regagné l’aéroport en utilisant le tramway de la côte qui s’arrête tous les 500 m (1 h 40 pour 50 km).
Prades et Eus
France
Petite incursion et bref arrêt d’une nuit dans la vallée de la Têt (Tet en catalan) en revenant d’Alicante.
Ce fleuve côtier d’une centaine de km de longueur prend sa source dans les Pyrénées au-delà de Font-Romeu et traverse Prades, l’Ille-sur-Têt, Perpignan et Canet-en-Roussillon, où il se jette dans la Méditerranée. Le barrage des Bouillouses et le lac de retenue de Vinça régulent son débit.
Prades, ville de 9000 hbts (agglomération incluse), est une sous-préfecture des Pyrénées-Orientales. La ville est connue pour son festival Pau Casals (1876-1973), grand violoncelliste catalan espagnol de renommée internationale, qui s’y est établi en 1936 pour fuir le régime franquiste, avant d’émigrer à Portorico.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Pablo_Casals
Le sculpteur Gustave Violet (1873-1952) n’est pas originaire de Prades, mais de Thuir, autre commune du département. Sa réalisation du monument aux morts en 1925 l’a fait adopter et le collège public porte son nom.
La dernière célébrité de la ville est le maire (à présent l’ancien maire), Jean Castex, Premier ministre de 2020 à 2022.
L’impressionnant massif qui domine Prades, que tous les navigateurs venant du nord de la Méditerranée connaissent bien, est le pic du Canigou, le sommet le plus à l’est de la chaîne pyrénéenne, qui culmine à 2785 m.
Nous sommes descendus à la Maison Prades, 51 av. du Général de Gaulle, où Anne-Lise et Éric nous ont réservé un excellent accueil et où nous avons très bien mangé.
Eus, situé au NE de Prades, est une ancienne place forte destinée à protéger la vallée des incursions françaises ou espagnoles. L’église St Vincent, qu’on atteint à grand peine par des ruelles pentues, domine le site et offre un point de vue magnifique sur la vallée et le pic du Canigou.
Elche et El Campello
Espagne
Ces deux villes qui appartiennent à la zone d’attraction d’Alicante se trouvent la première à 25 km à l’intérieur des terres au sud de l’agglomération, la seconde à 15 km sur la côte au nord.
Elche (en catalan occidental Elx) est une ville de 250 000 hbts aux 250 000 palmiers (un palmier par habitant). Elle accueille l’aéroport international d’Alicante. Nous y sommes allés à la suite d’une dent brisée (Idem est un cabinet dentaire français de bon niveau installé depuis des décennies dans cette ville) et nous avons découvert cette ville magnifique, son château-musée, sa cathédrale, son grand parc, son centre-ville agréable et ombragé…
Inutile de décrire par le menu : les photos se suffisent à elles-mêmes.
El Campello a pour avantage de disposer d’un port de plaisance et d’un chantier plus abordable et plus réactif que le grand chantier naval d’Alicante STA fréquenté par les grosses unités. Il nous fallait, entre autres choses, remplacer les passe-coques et les vannes, dont l’état nous aurait valu un aller direct vers les abysses, si nous n’avions rien fait. Trop de navigateurs pensent que ce matériel est inusable et que de tels travaux peuvent toujours attendre…
Dans l’ensemble, nous avons été satisfaits du travail, de la tenue des délais et des tarifs de Miguel (Nacramar nautica – +34 607 30 42 73).
Si ce n’était le port de plaisance, le musée archéologique en plein air et la côte, El Campello ne mériterait pas le détour. Ville moderne, qui se développe trop vite à coup d’immeubles plantés les uns derrière les autres. Un tramway qui suit la côte la relie au centre d’Alicante et de nombreuses villas ont été construites et continuent d’être construites entre El Campello et Benidorm, le Manhattan espagnol, y compris assez loin dans l’arrière-pays, pour accueillir retraités et vacanciers.
Les Espagnols sont de grands bâtisseurs, mais la rentabilisation des espaces constructibles les fait construire souvent n’importe quoi et n’importe où, encore qu’on puisse remarquer un effort pour produire de la meilleure qualité.
Le musée archéologique, situé dans un beau site (la Illeta dels Banyets), permet de se rendre compte de l’habitat et des activités humaines d’une colonie ibérique qui y vivait à l’ère du bronze.
Retour à St Barth
France
Second séjour à St Barth en novembre 2021, île française des Caraïbes, entre deux vagues de pandémie, cette fois-ci par avion. Le premier (cf. précédent article) remonte au mois de février 2019, lorsque Mindelo était encore notre maison flottante.
Il y a bien d’autres destinations possibles, mais notre fils s’est établi et travaille à St Barth…
Logés à flanc de colline, nous avons pu constater à quel point les routes étaient abruptes, surtout quand le soleil donnait, alors que le sommet de l’île ne culmine qu’à 286 m. Les plis et replis du relief volcaniques ne permettent pas d’aller d’une anse à l’autre sans franchir un véritable mur du fait de l’étroitesse de l’île.
La construction de villas luxueuses s’est accélérée partout, à Gustavia, dans la baie de St Jean, à Lorient, dans l’anse des Flamands, aux Salines, à la pointe Milou, dans l’anse de Marigot, etc. On se demande comment on a pu accrocher certaines villas à des pans de rocher et les routes qui y mènent sur des pentes invraisemblables. Les camions doivent se hisser le long de véritables rampes pour apporter pierres et graviers ou emporter ce que l’ouragan Irma a mis à bas en 2017.
Mais bon, ces villas ne sont pas des pavillons de banlieue destinés à loger des employés ou des ouvriers. Les investisseurs ont les moyens d’y mettre le prix qui se compte toujours en millions de dollars.
Le port de Gustavia est en plein réaménagement. Comme à St Jean, les boutiques de luxe et les restaurants se multiplient. Des yachts toujours plus impressionnants y accèdent et y séjournent, laissant aux petits voiliers la rade semée de rochers, où ils sont parfois secoués par la houle qui contourne la pointe sud.
St Barth est une C.O.M. (collectivité d’Outre-mer), qui n’appartient ni à l’espace Schengen, ni à l’Union européenne, et dispose de larges prérogatives pour s’administrer. Les Américains y sont omniprésents, car, à partir de Miami, on est rendu en quelques heures, malgré le passage obligé par l’aéroport Princess Juliana de Sint Maarten et le temps d’attente avant de pouvoir monter dans un des « coucous » qui desservent l’île.
Inutile d’ajouter que le coût de la vie y est assez déraisonnable…
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Alicante
Espagne
Une très belle ville, probablement l’une des plus belles du bassin méditerranéen.
Alicante (Alacant en valencien) est située sur la Costa blanca dans la province qui porte son nom, l’une des 3 provinces de la Communauté valencienne. La province d’Alicante est une contrée montagneuse quadrillée par les sierras. Voilà pourquoi, attirés par la beauté des paysages, les montagnes, les falaises, les vergers, les criques ou encore les parcs naturels, les amoureux de la nature s’y rendent de plus en plus nombreux.
La ville est dominée par le castillo de Santa Barbara, forteresse médiévale juchée sur une colline, le mont Benacantil, à laquelle on accède par des chemins pentus.
Deux grandes tours, déjà anciennes, s’élèvent dans la ville, une tour rectangulaire composée d’appartements (80 m) et la tour carrée de l’hôtel Gran sol (90 m). Heureusement, les urbanistes n’ont pas poursuivi dans cette voie, comme à Benidorm, le Manhattan méditerranéen, où l’on dort les uns sur les autres. Au contraire, on a soigné le front de mer avec de larges promenades ombragées, longues de plusieurs kilomètres, dont le pavage reproduit les ondulations des vagues.
L’inconvénient majeur du bord de mer est qu’il est longé par une nationale (N-332), l’avenue de Loring, où la circulation est intense et, comme les piétons n’ont généralement que 10 ou 15 secondes pour se précipiter de l’autre côté et que les passages pour piétons sont peu nombreux, on passe beaucoup de temps à attendre que le flux s’écoule. Si cette route pouvait un jour être déviée vers le nord, la ville y gagnerait encore en agrément.
À l’extrémité de la promenade, la longue plage del Postiguet, où on a beaucoup de mal à trouver 1 m² pour poser sa serviette et son parasol en plein été ― et ce, de 10 h du matin à 8 h du soir.
Au-delà des promenades, vers le nord, la ville nouvelle autour de la plaza de los Luceros et de son incroyable fontaine, et de ses Corte inglés. Au pied de la forteresse, le barrio (quartier) de Santa Cruz et la ville médiévale, la cathédrale St Nicolas-de-Bari, la basilique Santa Maria, l’ayuntamiento (l’hôtel de ville) à l’architecture baroque, les ruelles animées occupées par de nombreuses boutiques et par des tables de restaurants à perte de vue. La calle San Francisco, jonchée de champignons géants, la calle San Fernando, la placette Gabriel Miró et ses ficus centenaires, la place Portal de Elche où il fait bon boire une bière le soir, la Rambla (interdit aux voitures le dimanche), la calle Mayor sont des lieux où l’on passe et repasse, toujours à l’ombre, même au milieu de l’été, sans jamais se lasser.
La Marina esportiva del port d’Alacant (au nord) et le Reial club de regates d’Alacant (RCRA) se partagent le bassin portuaire ; c’est dans cette dernière marina que se trouve Alhéna, notre voilier récemment acquis. La plupart des shipchandlers (à l’exception d’un franchisé Uship ouvert juste avant la pandémie) et des artisans sont de l’autre côté vers le môle du levant, avec le casino et les hôtels. Évidemment, dans ce secteur-là, ça fête beaucoup, la musique est diffusée par des hauts-parleurs surpuissants et, si l’on aime la tranquillité, mieux vaut choisir le RCRA.
Comme la ville, les ports de plaisance sont impeccablement tenus, rien n’est laissé à l’abandon, les entrées sont filtrées et les marineros/vigiles veillent 24 heures sur 24. La contrepartie est que c’est cher, très cher (7000 € pour un 42 pds à l’année). A ce tarif-là, vous n’avez même pas droit à la reconnaissance des employés administratifs pour qui l’accueil des navigateurs est un exercice sans intérêt.
Le varadero (chantier) STA se trouve dans un autre bassin au sud-ouest et, là encore, il ne faut pas compter avec de doux prix. Un point faible qui nuit à la fréquentation : les artisans qui ont pignon sur rue, avec environ 1200 bateaux à entretenir, ont de quoi faire et ils ne vont pas à la pêche au chaland ; donc les devis sont souvent faits à la va-vite et exorbitants, et, même en payant rubis sur l’ongle et en leur donnant du temps, beaucoup de temps, si vous ne les relancez pas en permanence, vous ne les verrez que lorsqu’ils seront disposés à venir, parfois jamais… Le reste des intervenants est à prendre avec des pincettes, car, pour pallier l’énorme déficit de main d’œuvre, on s’intitule facilement charpentier de marine ou électricien.
El Campello, petit port situé à 10 MN au nord d’Alicante, offre une alternative intéressante à des prix moins élevés pour entretenir son bateau.
Gérardmer et les Hautes Vosges
France
Petite escapade pas très loin de chez nous avant la 4ème vague de la Covid qui s’annonce, pour étrenner nos VAE (vélos à assistance électrique), des Moustache Samedi 28.7 (c’est le nom étrange de ces bicyclettes françaises, justement assemblées dans le département des Vosges).
Il n’a pas toujours fait bien chaud en cette fin de juillet 2021, il a parfois plu, mais nous avons réussi à sortir chaque jour entre 4 et 5 heures (arrêts compris) et à parcourir autour de 40 km, ce qui nous suffisait largement. Selon les pentes à gravir et la qualité du revêtement, nous ne consommions guère plus de 25 à 50 % de nos batteries de 625 Ah.
Quand on prévoit de parcourir les Hautes Vosges à vélo, la partie orientale du département qui borde l’Alsace et dont les routes culminent à 1300 m, mieux vaut disposer d’un VAE avec une bonne batterie ou avoir de gros mollets, car les pourcentages dépassent souvent les 10 %.
Nos circuits autour de Gérardmer passaient par le lac de Xonrupt-Longemer, le lac de Retournemer, le lac de Lispach, la Bresse, le Tholy, Liézey, le col de Sapois, Vagney, Saulxures-sur-Moselotte, le col des Feignes sous Vologne… avec un dénivelé moyen qui tournait autour de allait de 500 m.
Nous avons logé à l’Écho du Lac sur la route de Sapois, où nous sommes restés durant 5 jours ; c’est un hôtel agréable, le personnel est sympathique et on y mange plutôt bien, d’autant qu’il est toujours possible de passer à la carte si le menu proposé ne convient pas. Nous avons pu mettre nos vélos en sécurité et recharger les batteries chaque soir.
Gérardmer est devenu une petite ville agréable avec ses rues piétonnes et son centre animé. Comme presque partout, la place des vélos reste indéterminée et il faut composer avec le trafic routier.
Autrement, à l’exception de quelques grands axes, les routes sont souvent étroites et ― ça n’étonnera personne ― on navigue dans le vert (ça nous change du bleu !) : vert foncé pour les forêts de résineux, vert clair pour les feuillus, bleu vert ou vert sombre en bordure des nombreux lacs (lac de Gérardmer, lac de Lispach, lac de Xonrupt-Longemer, lac de Retournemer…).
Le lac Léman, rive suisse
Suisse
Enfin, pas tout à fait.
Seulement Genève, Montreux, Rolle et le vignoble. Lausanne, nous y sommes juste passés. En revanche, nous sommes allés rendre visite à Voltaire, qui s’était prudemment installé à deux pas de la frontière genevoise. Il s’était fait bastonné pour ses écrits dans sa jeunesse ; un minimum de prudence s’imposait.
La chapelle : Deo erexit Voltaire = Érigée à Dieu par Voltaire, où son nom est écrit plus gros que celui de Dieu. C’est pour lui alors : […] l’unique église de l’univers qui soit dédiée à Dieu seul. Toutes les autres sont dédiées à des saints. Pour moi j’aime mieux bâtir une église au maître plutôt qu’aux valets.
Un regret : Voltaire a fait cadeau de sa bibliothèque de 7000 ouvrages à Catherine II (visible au musée de l’Ermitage à St Petersbourg). Alors, on a laissé cette vaste demeure sans le moindre livre, sinon ceux qui sont vendus à la caisse.
Autour de Genève et de son immense jet d’eau de 140 m de hauteur, il y a quelques kilomètres de pistes cyclables en site propre le long du rivage, ce qui est appréciable ; mais, lors de notre séjour, il y a eu une manifestation (de motorisés, bien entendu) contre les pistes cyclables dans Genève. Incroyable, quand on voit que, dans la ville, la circulation des vélos n’est pas protégée !
Montreux est la Côte d’Azur du lac. De prestigieuses villas, une belle promenade en bord de lac, un climat doux.
Pour terminer notre séjour, nous avons passé quelques jours chez des amis à Rolle, « la Perle du Léman » à peu près en face de Thonon-les-Bains, une très belle bourgade les pieds dans l’eau avec son château médiéval et l’île de La Harpe.
Les coteaux de toute cette partie du lac Léman sont parfaitement exposés et la viticulture y est très présente. On y trouve surtout un vin blanc (chasselas, pinot gris) qui ressemble assez à nos vins d’Alsace, et qui vaut la peine d’être dégusté. On peut faire de belles randonnées à pied ou à vélo à travers le vignoble.
Marie Laforêt, décédée en 2019, a vécu longtemps à Mont-sur-Rolle.
Jean-Luc Godard, qui est né à Rolle, demeure toujours dans les environs. Chaque matin — nous a-t-on dit —, il vient prendre son café dans un salon de thé de Rolle ; mais, le jour de notre départ, il n’y était pas.
Le lac Léman, rive française
France
Le Léman, d’une longueur de 73 km, en forme de croissant, est le 2ème plus grand lac d’Europe. Il est alimenté, entre autres, par le Rhône, qui le traverse, et se partage entre 3 cantons suisses et le département de Haute-Savoie.
La première semaine, notre point de chute était le château de Veigy-Foncenex, dans l’arrière-pays de Haute-savoie, à deux pas de la frontière suisse, qui dispose de chambres d’hôtes fort agréables.
De là, nous avons pu rayonner vers Nernier, Yvoire, Thonon-les-Bains, Évian, Annemasse, Genève…, presque toujours à vélo.
Bon, en Haute-savoie, les pistes cyclables, ce n’est pas encore ça ! Ici, on partage presque toujours la voie soit avec les voitures, soit avec les bus, soit avec les piétons. Pour une région touristique, on ne s’est pas donné beaucoup de peine…
Aussi nous trouvions-nous souvent à galérer sur la D 1005, la deux-voies infernale qui relie Genève à Évian et qui porte une circulation invraisemblable. Comme les Haut-savoyards qui travaillent en Suisse et les Genevois qui résident en France sont des adeptes des grosses bagnoles et n’aiment pas particulièrement les vélos, ce n’est pas une mince affaire d’aller vers l’ouest ou vers l’est, d’autant plus que, même lorsqu’on utilise les petites routes, on se heurte aux conducteurs futés qui, connaissant les nombreux nœuds d’étranglement de la D 1005, empruntent les routes de campagne également et détestent être ralentis par des bicyclettes musardeuses. On est loin des pistes cyclables du lac de Constance [voir ici].
Autrement, dans le Bas-Chablais, Nernier et Yvoire sont de très beaux endroits. Nernier, c’est un peu de nostalgie, puisque mes parents y ont passé leurs vacances durant de longues années et que mon père a beaucoup navigué sur le lac avec son Edel V et son Sheriff. C’est aussi le lieu où Lamartine s’est exilé durant les Cent-Jours.
« C’était le rêve le plus complet de solitude qu’aucun mortel eût pu imaginer. Le bonheur n’y était pas moins absolu, et je ne me souviens pas, dans toute ma vie, d’en avoir jamais goûté un pareil. S’il avait pu duré toujours, ma vie était close, et Dieu aurait pu fermer le livre sans rien y ajouter. La nature la plus idéale, la saison la plus tiède, la solitude la plus silencieuse, la société la plus innocente et la plus bornée : la fille du batelier, une chambre, une hirondelle, un chien, un lac pour horizon, une espérance vague et imprécise pour perspective, et la sève de la jeunesse pour vivifier tout cela, c’était tout ce que l’humanité pouvait désirer. Non, jamais je n’ai vécu de jours qui aient égalé ces jours de Narnier. La mélancolie et le désert ne trouveront pas deux fois un tel Eden. » (Confidences, 1849 — Alphonse de Lamartine)
Le pauvre village de pêcheurs, rattaché comme toute la Savoie à la France en 1860, est aujourd’hui aux mains de très riches Moyen-orientaux et de résidents suisses.
Yvoire, ses remparts, son château du XIVème siècle, ses boutiques et ses maisons anciennes, sa promenade et ses restaurants au bord du lac, son Jardin des Cinq sens [https://jardin5sens.net/] est un bourg médiéval pittoresque qui mérite également le détour. En cette période de post-confinement, il n’y avait d’ailleurs pas grand monde.
Un regret toutefois : le port de plaisance qui occupe presque toute la baie d’Yvoire et ne laisse pas même une petite plage.
Thonon, perchée sur sa falaise, offre un superbe panorama ; mais la ville a trop sacrifié son bord de lac aux villas, aux voitures et aux bateaux. Évian, en revanche, a une belle promenade au bord du lac et des rues commerçantes agréables.
L'île de La Graciosa
Espagne
L’une des 8 îles canariennes, celle que nous aimons beaucoup et connaissons le mieux, pour y avoir passé pas mal de temps et en être partis en 2015 vers les îles du Cap Vert, le Brésil et les Caraïbes.
Pas très grande : 9 km du nord au sud, 3,5 km d’ouest en est. À l’est, elle est bordée par le Rio, large d’environ 1,2 km, qui la sépare de la grande île de Lanzarote et des falaises de Famara ; à l’ouest, la grande plage de Las Conchas, où flotte presque toujours un drapeau rouge interdisant la baignade à cause des énormes rouleaux et des courants issus du passage entre La Graciosa et la Montana Clara où s’engouffre la houle de nord-est ; au nord (coté Rio), le village résidentiel de Pedro Barba dénué de boutiques ; au sud, les profondes échancrures de la playa de la Cocina, à laquelle on n’accède que par l’est, et de la playa Francesa, où viennent mouiller les voiliers qui ne trouvent pas de place dans le port de la Caleta de Sebo.
Sur l’île, 5 anciens cônes volcaniques de 150 à 250 m. Autrement, du sable transporté du Sahara par l’alizé qui, en hiver, souffle régulièrement à 15/20 nds, malgré la protection des falaises de Lanzarote, et des sentiers qui permettent la randonnée et la pratique du VTT à gros pneus pour venir à bout des épaisseurs de sable.
La Caleta de Sebo est l’unique village vivant sur l’île. Son port, ouvert au sud, est protégé par deux grandes digues ; il accueille des voiliers, des bateaux de pêche et de tourisme. C’est là qu’accostent les ferrys des compagnies Romero et Biosfera qui relient la Graciosa à Orzola, petit port au nord de l’île de Lanzarote que, d’Arrecife, on peut rejoindre par le bus (le guagua).
Il y a quelques années, on sortait du port par des passerelles posées reliés à la digue sud, ce qui obligeait les plaisanciers à faire un grand détour pour aller faire des courses. À présent, les pontons bénéficient d’un accès direct au quai du port et le passage entre la digue et le port peut être emprunté par les bateaux.
Pour réserver une place de port : https://puertoscanarios.es/
L’accueil des plaisanciers non annoncés est loin d’être affable. Après 5 jours et 5 nuits de navigation depuis Gibraltar, il ne faut pas s’attendre à ce que les vigiles fassent montre d’hospitalité et de cordialité. [Ajouté] Ça devrait changer, car en octobre 2020, un voilier polonais, repoussé en pleine nuit, a été se mettre sur le platier qui déborde l’île. Depuis, les têtes des décideurs à tous les niveaux de responsabilité sont sur la selette.
Il y a pas mal de commerces (supermercados, fruiterie, boucherie, boulangerie-pâtisserie, pharmacie pas toujours ouverte, etc.) et des petits restaurants en nombre suffisant pour un si petit endroit, où les prix sont très abordables. L’habitude, depuis longtemps, nous mène plutôt au Girasol, dont l’agréable terrasse donne sur le port, ou au Varadero, où l’on est à l’abri du vent. Mais on peut aussi manger chez Enriqueta, à la Calletilla, au restaurant El Marinero…, moins bien situés et, de notre point de vue, plus irréguliers.
Cette année, à défaut de bateau, nous sommes descendus dans une vivienda vacacional, louée par un Anglais qui vit à Lanzarote. Bien conçue et agréable, sauf peut-être le terrain en vis-à-vis, où se trouvent stockés des débris et des matériaux de construction.
La Graciosa c’est (presque) pas de voitures (les locaux disposent malgré tout de 4:4 pour véhiculer les touristes (qui ne passent généralement qu’une journée sur l’île et veulent tout voir), des chemins de sable assez bien aménagés, des couleurs merveilleuses et changeantes, une avenuda Virgen del Mar le long du port, où il fait bon se promener le soir, un endroit calme et serein.
Pas sûr qu’avec le développement assez systématique des maisons de vacances les choses en resteront là…
Dernier point : sur cette île, parfaitement isolée de sa voisine, il n’y a eu qu’un seul cas de Covid-19 fin juillet, un touriste italien.
Le Lac de Constance, rive allemande
Allemagne
Nous n’avons pas parcouru toute la partie allemande du lac, seulement la ville de Constance, l’île de Mainau et la rive nord du lac de Friedrichshafen à Lindau.
Constance (Konstanz), la plus grande ville de la région du lac, est située de part et d’autre du Rhin sur la rive méridionale, avant que le fleuve ne quitte le Zeller See (bras inférieur du lac du nom de la ville allemande de Radolfzell).
Constance est une ville universitaire de 85 000 habitants (l’arrondissement en compte 285 000), la vieille ville (Altstadt) ne manque pas d’attrait, notamment la cathédrale gothique, et c’est une agglomération où le vélo est roi.
La traversée du lac supérieur se fait par ferry de Konstanz Staad à Meersburg.
L’île de Mainau (l’île aux fleurs) est connue pour ses jardins luxuriants, ses plantes tropicales et ses arbres exotiques, qui poussent en jouissant d’un micro-climat bénéfique. Elle fut durant plus de 1000 ans la propriété des Chevaliers de l’Ordre teutonique, puis, par le jeu des successions, devint l’apanage de la couronne suédoise, à laquelle elle est toujours attachée sous la forme d’une société fondée par Lennart Bernadotte en 1974. Prix d’entrée : 22 € – 13 € (écoliers et étudiants).
Pour atteindre Friedrichshafen en partant de la rive suisse, on prend le ferry à Romanshorn (il y en a un aux 24 de chaque heure : 8:24 – 9:24 – etc.). Durée du voyage : 44 mn. Prix de l’AR : 18,20 €. Au retour, de Friedrichshafen à Romanshorn, le ferry part aux 21 de chaque heure : 15:21 – 16:21, etc.
C’est à Friedrichshafen que Ferdinand de Zeppelin établit son entreprise de fabrication des dirigeables, dont le premier vola en 1900 et qui s’élèvent au-dessus des eaux du lac encore aujourd’hui. À proximité du port, un musée Zeppelin est visitable. Durée : 2 h 30. Traduction en anglais. Prix d’entrée (online Tickets) : 10 € – 5 € (enfant).
La piste cyclable au départ de Friedrichshafen vers Lindau longe la route. Ensuite, elle redescend vers le lac et, en dehors de quelques passages urbains, devient plus agréable.
Contrairement au reste du lac, Lindau se trouve en Bavière. Son île de 70 ha est reliée à la terre ferme par une chaussée surélevée et un pont. C’est là que se trouvent ses rues pittoresques aux maisons bourgeoises et aux élégantes boutiques et son port ouvert sur le lac par une passe étroite avec, d’un côté, le lion de Bavière, de l’autre, un grand phare de 36 m.
Le lac de Constance
Suisse et Autriche
En allemand : der Bodensee.
Images qui tranchent avec celles des paysages caribéens. Il y a bien aussi de l’eau et des collines, comme dans les Caraïbes, mais le cadre est plus verdoyant.
Nous n’avions pas de voilier ; alors, dans ce paysage lacustre si reposant (même au mois d’août !), nous sommes venus avec nos vélos, sachant que le lac est entouré de pistes cyclables très agréables et bien conçues, surtout sur la rive suisse.
Nous avons posé nos bagages pour quelques jours à Uttwil (canton de Thurgau), sur la rive suisse, où nous avons loué un petit studio avec cuisine à l’hôtel garni Frohsinn. Des hôtes agréables, un garage à vélos, des petits déjeuners appétissants… Que demander de plus ? Certes, l’hôtel est sur la route qui va de Constance à Romanshorn, mais cela ne nous a pas dérangés, les Suisses respectant scrupuleusement les limitations de vitesse.
Le Bodensee, le 3ème plus grand lac d’Europe est situé à près de 400 m d’altitude ; c’est 273 km de périmètre partagés entre l’Allemagne (le Bade-Wurtemberg et la Bavière), la Suisse et l’Autriche, 69 km de longueur, 14 km de largeur maximale, une profondeur de plus de 250 m, une artère vitale, le Rhin, qui apporte chaque année 10 Mds de m³ d’eau, ce qui en fait un énorme réservoir d’eau potable. Le nom allemand vient du château de Bodman situé à la pointe NW du lac (Ludwigshafen), le nom français de la ville allemande de Constance (Konstanz). Mais les Souabes le nomment « schwäbisches Meer » (mer souabe).
La Suisse contrôle la rive sud le long du Rhin, de Stein am Rhein à Altenrhein (à l’exception de Constance), les Autrichiens la partie orientale du lac autour de Bregenz et les Allemands la rive nord au-delà de la rive droite du Rhin et Constance (dont nous parlerons dans un 2nd reportage).
Disons tout de suite que la partie suisse, entre Kreuzlingen et Arbon, est la plus paisible, la plus agréable et la mieux équipée en pistes cyclables en site propre. On pédale à proximité du lac, parallèlement à la voix de chemin de fer qui suit le même trajet, entre le vert des pelouses et des vergers et le bleu des eaux du lac. L’intérêt, c’est que, même avec un vélo sans assistance électrique, on ne souffre guère, car la piste reste pratiquement toujours au même niveau.
À voir : Romanshorn et Arbon en Suisse, mais aussi les petits villages au bord du lac ; Bregenz en Autriche.
On peut se baigner presque partout (en été la température de l’eau est entre 22 et 24°) ; les plages aménagées sont souvent payantes (au tarif suisse !).
Le train est aussi cher : 7 FS pour quelques km ; il vaut mieux s’en passer, sauf si l’on crève, ce qui nous est arrivé, et qu’il faut rapatrier les vélos…
St Maarten vs St Martin
Caraïbes
Voir aussi le précédent article sur Saint-Martin.
Quand on longe la côte méridionale en venant de St Barth, on tombe sur le Witte kaap (le cap blanc) et, juste derrière, sur la capitale néerlandaise Philipsburg ; enfin non : avant d’apercevoir Philipsburg, on aperçoit la proue d’un énorme paquebot, puis celle d’un 2ème énorme paquebot, la poupe d’un 3ème, d’un 4ème, d’un 5ème, puis les silhouettes de deux grands voiliers à passagers, sans compter ceux qui sont à l’ancre. Les docks de la Groot baai servent de refuge à ces grands esquifs qui sillonnent les Caraïbes et emportent des millions de passagers chaque année ; comme l’aéroport international de l’île « Princess Juliana » se trouve juste à côté, imaginez le volume des taxes engrangées par Sint Maarten à longueur d’années.
Ajoutez un port de commerce rationnellement organisé sur le flanc du cap, des marinas et des chantiers qui accueillent les plus grands yachts et sont vite redevenus opérationnels après le passage d’Irma, et vous avez un secteur touristique et commercial en pleine expansion, tandis que, du côté de St Martin, on n’investit pas et on vivote gentiment (plus faible PIB/hbt des îles d’outre-mer et 10 % du trafic import-export de toute l’île).
Sint Maarten c’est hollandais : le business à l’état pur.
De méchantes langues disent que Sint Maarten fait venir de la main d’œuvre immigrée pour ses gros travaux ― main d’œuvre qui vient par la suite ou mieux qui habite à St Martin afin de bénéficier de la couverture sociale et sanitaire française ; ainsi, notre modèle social permet aux businessmen de Sint Maarten de s’affranchir à bon compte de leurs obligations. En revanche, il est peu probable que les revenus que la main d’œuvre haïtienne ou dominicaine permet de générer soient partagés entre les deux collectivités.
Les multiples maisons et immeubles de style clapier en construction sur la côte sud de Sint Maarten sont là pour rapporter de l’argent, non pour embellir le paysage. D’ailleurs, les villas de MM. Trump et Balkany ont été érigées dans la partie française. À Sint Maarten, on croise la population des cruising ships en vadrouille, des cowboys des plaines américaines aux larges chapeaux, aux chemises bigarrées, habitués à parler haut ; au sortir des paquebots ou des locations, ils vont se jettent dans les duty free shops, les fast food restaurants et les casinos. Une autre culture…
Du côté hollandais, les plaisanciers paient à répétition : pour passer le pont qui mène au lagon, pour accomplir les formalités, pour mouiller dans le lagon, pour avoir une place dans une marina…
St Martin a bien instauré une taxe de mouillage devant Marigot, mais quand on fait la clearance chez Island water world, le ship de la place, elle n’est pas perçue. Même chose pour le lagon. Ceci explique pourquoi des centaines de bateaux mouillent ici des semaines durant, d’autant que les British virgin islands, à 80 MN à l’ouest, obligent à revenir contre le vent dominant et que tout y est beaucoup plus cher.
La partie française de l’île est plus agréable, de par ses paysages plus nature, sa côte sous le vent, et le séjour y est moins onéreux. Une exception de taille toutefois : la marina de Fort St Louis, la seule en état de fonctionner actuellement (avec des réparations toujours en cours, une capitainerie qui n’a pas encore retrouvé ses murs et un grand voilier encore au fond de l’eau) ; on y demande 180 € pour 3 jours pour un 13 m (tarif 100 à 200 % plus élevé que les autres îles françaises, rien que cela !), et on ne peut pas dire que le personnel d’accueil ait le sourire facile (les marineros, en revanche, sont sympa et accommodants).
Attention aux réseaux téléphoniques étrangers dans le secteur St Martin/St Barth ! On capte souvent mieux les réseaux anglais (du côté d’Anguilla) ou néerlandais (vers St Maarten ou Saba) et on se retrouve avec des factures salées…
Saint-Martin
Caraïbes
Une île coupée en 2 par une frontière qui n’a qu’une existence virtuelle (officiellement depuis le concordat de 1648), 2 nations, les Français au nord (qui possèdent le plus gros morceau), les Hollandais au sud, d’un côté la « collectivité territoriale d’outre-mer de Saint-Martin », de l’autre, le « Land Sint Maarten », mais tout de même un pacte de non-agression et d’entr’aide, l’une appartient à l’Union européenne, l’autre non, 2 langues officielles (mais le français et le néerlandais s’effacent au profit de l’anglais et du créole haïtien), 2 monnaies, l’euro et le guilder (ou NAF = florin des Antilles néerlandaises), mais le dollar américain s’impose partout, 2 aéroports, une zone franche de taxes. Enfin, un drôle de micmac !
Nous avons fait trois haltes à Saint-Martin avant d’y revenir plus tard : Marigot, la capitale française, Grand-Case, là où se trouve le petit aéroport, et Tintamarre, un îlot situé au NE.
La grande baie de Marigot, orientée au nord, est toujours un peu agitée (la nuit est toutefois plus calme). Autrefois, les bateaux se réfugiaient dans le lagon de Simpson bay, séparé de la baie par un pont qui se lève 3 fois par jour. Aujourd’hui, avec toutes les épaves qui le jonchent, parfois émergentes, parfois immergées, et l’absence de dragage, on n’ose plus trop y mettre la quille. Seuls s’y trouvent, le long du quai d’une marina qui n’existe plus, la marina Le Port Royal, quelques bateaux sinistrés, le plus souvent renfloués.
Car ― on ne peut pas ne pas en parler ― le 6 septembre 2017, l’ouragan Irma passait par là, un ouragan d’une puissance phénoménale issu d’une d’une des ondes tropicales qui naissent sur la côte africaine et traversent l’Atlantique en se renforçant ; il venait de rayer de la carte l’île de Barbuda située 70 MN au sud-est et atteignait les rivages de St Martin avec des vents de 160 nds et une pression dans l’œil de 914 hPa.
Inutile de décrire le cataclysme et ses terribles conséquences. Nous en avons parlé avec quelques-uns de ceux qui ont vécu le phénomène, cloîtrés dans des maisons : une grosse houle, puis un puissant vrombissement sont arrivés sur l’île, les bateaux ont brisé leurs amarres et ont été jetés les uns sur les autres avant de couler, des conteneurs de 20 ou 30 t ont été catapultés en haut des mornes (collines), les portes et fenêtres des maisons ont explosé, des toits se sont envolés, des murs se sont écroulés, les voitures roulaient comme des boules de pétanque, et il y a eu évidemment des morts.
Tout n’est pas encore réglé. Des gravats ou des maisons à l’état d’abandon, il y en a un peu partout ; mais il semble que le plus dur ait été fait et que St Martin offre un visage moins torturé qu‘il y a seulement un an. Il y a encore beaucoup à faire, certes, par exemple remettre en état Sandy ground, la partie française du lagon dévasté, tandis que les Hollandais ont rendu de nouveau opérationnels leurs marinas et leurs chantiers situés au sud.
La baie de Grand-Case est une belle baie protégée au nord par les rochers Crole qui a beaucoup souffert du cyclone. Le village s’étire tout au long d’une plage de sable. Malheureusement, on a beaucoup mordu sur la plage pour construire « les pieds dans l’eau », ce qui explique en partie les ravages d’Irma. La route qui longe partiellement la plage et mène à l’aéroport, à Mont-Vernon et aux villages situés au NE de l’île est très encombrée. Le mardi soir du carnaval, elle a été fermée, ce qui nous a permis d’aller au restaurant sans avoir à respirer des gaz d’échappement et de voir le défilé du carnaval.
L’Auberge gourmande (l’un des restaurants huppés du pays) nous a accueillis pour une soirée d’anniversaire. Cher, mais excellent.
Tintamarre, une petite île déserte au NE de St Martin, offre un superbe mouillage sur bouée au SW et une très belle plage.
Nous parlerons dans un autre reportage de Sint-Maarten, le St Martin néerlandais.
Antigua, une île très british
Caraïbes
Très belle traversée de Deshaies en Guadeloupe jusqu’à English harbour sur l’île d’Antigua (42 MN) qui, accouplée à Barbuda, constitue un autre état indépendant des Caraïbes. Un vent d’est moyen de 15 nds a fait courir Mindelo toutes voiles dehors (génois 2/3, grand-voile 2 ris et voile d’artimon) à 7 nds.
English harbour, l’ancien repaire de l’amiral Nelson, est un lieu pas très facile à repérer, fortifié, inexpugnable, d’où les Anglais attaquaient les îles conquises par les Français ou les convois espagnols qui passaient par là ; il a été entièrement aménagé pour la plaisance de luxe : des yachts aux dimensions impressionnantes occupent l’essentiel des installations portuaires. On peut encore mouiller dans des conditions précaires (vents tourbillonnants, bateaux entassés dans un périmètre limité, fonds parfois surprenants) dans Freemans bay, à l’entrée du bras de mer, ou bien dans la baie située plus à l’ouest, mais toute proche à pied, Falmouth bay, elle-même de plus en plus encombrée par des yachts de standing et des flottilles de location.
La petite cité du vainqueur de Trafalgar « Nelson’s dockyard » a été entièrement réhabilitée et l’environnement est extrêmement soigné , luxe oblige ! On peut suivre le sentier qui va jusqu’au fortin sur la pointe Berkeley juste en face de notre aire de mouillage et l’histoire de l’île est retracée dans un petit musée gratuit.
L’utilisation du logiciel disponible sur Internet « eSeaClear » est censé nous faciliter la vie (pas de papiers à remplir à l’arrivée et au départ), juste des signatures, mais le zèle et le pointillisme des fonctionnaires locaux fait durer parfois les choses à l’extrême.
À English harbour sur la droite, avant le chantier et juste après le restaurant italien, on peut dîner à la Brasserie d’Antigua, un restaurant français tenu par des Normands de Deauville, qui fait aussi boulangerie. Tournée baguettes croissants sur le mouillage tous les matins entre 7h30 et 8h et livraison de pizzas ou autres plats préparés à bord (tél. : +1268 721 9420). À Falmouth harbour, nous recommandons le « Mange tout » qui surplombe la marina (service impeccable, bonne cuisine et plat du jour à 30 EC$, soit 10 €).
Le Covent garden, tout au fond d’English harbour, permet de s’approvisionner et dispose d’un ponton pour annexes. Il est ouvert 7 jours sur 7 de 6 h à 22 h (!!!) et offre une zone wifi gratuite.
Quant aux cartes data Digicel, la pub est fallacieuse : elles fonctionnent (au mieux) sur les îles de Grenade, St Vincent et Ste Lucie. À Antigua, rien à faire ! On peut recharger la carte (avec l’aide de la wifi), elle ne transmettra plus rien.
Nous étions bien placés pour assister à l’arrivée de l’Atlantic challenge, bateau après bateau : traversée de l’Atlantique à la rame de l’île canarienne de la Gomera jusqu’à Antigua, soit 2530 MN (4700 km) ; les meilleurs auront mis 34 jours. Faut l’faire !
Jolly harbour est sur la côte occidentale. C’est un long chenal construit qui aboutit à une marina ; on peut mouiller de part et d’autre du chenal balisé à l’extérieur de la zone portuaire. Il y a un supermarché moderne, un casino, quelques cafés restaurants, en fait pas grand-chose. Mais St John, la capitale de l’île, est toute proche.
Faute de temps, nous avons laissé Barbuda de côté, une île pourtant décrite comme paradisiaque avec ses longues plages de sable blond, son grand lagon et ses bancs de corail.
Les Grenadines : Bequia et Union island
Caraïbes
Voir aussi nos articles de décembre 2017 sur Bequia et Union island.
Nouveau parcours du nord au sud et du sud au nord à travers l’archipel des Grenadines, un haut lieu du nautisme aux multiples baies et échancrures de plus en plus encombrées de bouées de mouillage payantes.
Au nord, à quelques MN de l’île mère (St Vincent), Bequia et l’Admiralty bay.
À Bequia (prononcer békoué), il y a du monde, y compris des paquebots de croisière qui restent toutefois à l’extérieur. On trouve encore de la place du côté de Princess Margaret beach, mais la passerelle qui permet d’enjamber la pointe et de rejoindre la ville avait dû être démolie par quelque tempête tropicale et elle était en cours de réfection. Dans ces contrées, il faut souvent reconstruire…
Port Elisabeth, autour de son immense baie, a toujours la même distinction et le petit quai, ombragé, qui longe la rive sud est toujours aussi agréable.
Au sud, plus proche de l’état de Grenade, Union island.
Chatham bay, à l’ouest, est beaucoup moins fréquentée et beaucoup plus agréable que Clifton harbour, saturé de bateaux charter. Qui plus est, il y a deux excellents restaurants, celui de Vanessa et Sticky au centre (petit ponton disponible) et le Sunset cove bar and restaurant à gauche (environ 100 EC$/personne, rhum et vin rouge inclus, et c’est bien servi dans les deux restaurants !). Tout y est délicieux : le kingfish, les spare ripps, le chicken, les conchs ou lambis…, sans compter les accompagnements à base de riz, de bananes, d’arbre à pain, de crudités ou depommes de terre.
L’inconvénient est que les papiers se font à Clifton, soit au port, soit au petit aéroport, et qu’il faut d’abord emprunter un long chemin rocailleux ― boueux quand il a plu ― avant d’atteindre la route (environ 1h15 de marche en tout).
Saint-Vincent : Wallilabou, Young island, Chateaubelair
Caraïbes
Voir notre article du 01.01.2018 sur Saint-Vincent.
À Wallilabou bay sur la côte occidentale de St Vincent, nous y sommes allés l’année passée en voiture pour la clearance. Pas donnée d’ailleurs cette clearance : 140 EC$ pour le bateau et 3 personnes ; et, quand on revient de Carriacou (Grenade), on repasse à la caisse, cette fois pour 185 EC$.
À l’arrivée, Smily, avec sa barque bleue et rouge, nous accueille dans ce cadre pittoresque et procède à l’amarrage du bateau proue et poupe (40 EC$ pour 2 jours pour la bouée + 40 pour le marinero). Ensuite arrive l’habituelle kyrielle de barques des vendeurs (fruits, légumes, colliers, bracelets, poisson, etc.). John, le marchand de légumes un brin cocaïmomane est présenté comme « bad guy » par Smily ; nous nous apercevrons plus tard que ― au-delà de la lutte des clans locaux ― il n’avait pas tout à fait tort.
Le premier « Pirate des Caraïbes » a été tourné en partie sur ce site. Rien que cela attire des foules de touristes venant de Kingstown, la capitale. Malheureusement, ce qui a été laissé par les Américains (bâtiments, appontement, éléments de décor, costumes…) n’est guère entretenu, faute de moyens, et tout part à vau-l’eau. Dans peu de temps, le petit musée ne sera plus que poussière.
Deux jours plus tard, nous sommes à la pointe sud de l’île de St Vincent, sous la protection de Young Island, car le tirant d’eau pour entrer dans l’enceinte corallienne du Blue lagoon varie d’un guide à l’autre. De toute façon, Blue lagoon, où nous sommes allés à pied, est agité par les vagues et les courants, et les bateaux tirent à longueur de journée sur leurs amarres ; et puis, en dehors d’un complexe hôtelier et de quelques pontons, il n’y a pas grand-chose à voir.
Entre Young island et Villa beach, c’est Sparrow (on ne sort pas de « Pirate des Caraïbes » !) qui amarre et c’est nettement plus cher qu’à Wallilabou (120 EC$ pour 2 jours). Les voyages en water taxis à 3, c’est aussi 40 EC$.
C’est une zone résidentielle sans grand intérêt du côté terre et les bungalows d’un resort « Paradise beach hotel » occupe l’île, qui dispose d’une belle plage. Entre les deux, des bouées pour les bateaux de passage. Pour se baigner, mieux vaut attendre l’étal des marées.
Blue Lagoon, situé entre la côte méridionale de l’île principale et l’îlot de Young island, c’est la Côte d’azur de St Vincent ! On y vit mieux que dans le nord, mais on peut en faire l’économie.
Notre équipière a voulu prendre un taxi pour aller jeter un coup d’œil à la capitale de St Vincent Kingstown, toute proche. Elle en est revenue rapidement, peu rassurée par le comportement des habitants. Une ville pauvre où le chômage est endémique peut expliquer ce ressenti.
N.B. En remontant vers la Martinique, nous nous sommes arrêtés à Chateaubelair au nord de l’île ― bien situé pour faire la traversée vers Ste Lucie. C’est tout l’opposé de Blue Lagoon ! Une surprise : 6 bateaux au mouillage, alors que, ces dernières années, les bateaux de passage étaient rares pour cause de mauvaise réputation du lieu (nous y étions déjà, seuls, en 2017). Une bande de joyeux drilles, des enfants-ados, viennent aider les plaisanciers à trouver le bon endroit pour mouiller et ils en profitent pour vendre leurs fruits et autres services ; ils sont bien moins chers que les boat boys des autres mouillages de la côte et ont un bon comportement, pour peu qu’on les aide à gagner un peu leur vie. Les SDF en barque ou sur planche de surf prennent la suite (Mr Boyboy, entre autres) ; gentils, mais nettement plus collants. On s’en débarrasse avec de vieux objets. Une manière de nouer connaissance !
Retour en Martinique
Caraïbes
Cette première semaine n’est pas celle que nous préférons.
Elle commence par un voyage séquencé assez fatigant : 5h30 à la gare de Sélestat avec nos 63 kg de bagages roulant bon gré mal gré, grâce aux bons soins de Valérie ; 6h à Strasbourg ; 8h à la gare TGV de Roissy-Charles de Gaulle, où nous avons caillé par un froid hivernal dans une gare ouverte à tous les vents ; 9h40 à la gare TGV de Massy ; 10H10 à l’aéroport d’Orly. Là, une file d’attente serpentant en rangs parallèles sur environ 250 m a fini par inquiéter les autorités imprévoyantes, qui se sont excusées maintes fois, et le sas de sécurité a dû passer le turbo. Vol dans un Airbus 350 moderne, où les 10 sièges en ligne ont été ajustés aux petits formats, ce qui fait que, du côté couloir, on est heurté toutes les 10 mn par ceux qui vont faire pipi ou par les chariots des hôtesses. Arrivée à Fort-de-France vers 17h30 (heure locale) et au Marin à 18h45, soit près de minuit en Europe.
Une longue journée s’est achevée !
Mindelo a bien supporté les ondes et tempêtes tropicales qui se sont succédé. Seulement, la longue période d’immobilisation et l’humidité laissent des traces et le réarmement d’un bateau est toujours une période riche en surprises : 2 ou 3 lampes ne fonctionnent plus, la pompe électrique qui nourrit les éviers est passée aux abonnés absents, un WC fuit, la pompe d’eau de mer n’aspire plus, la capote a un trou, les brides du lazy bag de grand-voile neuf sont trop courtes, l’éolienne joue les avions à réaction…, enfin plein de choses pas vraiment graves, mais qui nous obligent à courir à droite et à gauche et à travailler du matin au soir pour trouver des solutions, le « dark side » de la navigation.
La première semaine a toutefois l’avantage de se situer en début de croisière et de nous faire passer en l’espace de quelques heures de 5° à 31° C.
Pauline, notre coéquipière pour les deux mois à venir, nous a rejoints quelques jours plus tard et, depuis hier, nous sommes au mouillage à Ste Anne (voir notre article de la saison 2017-2018 sur cette station de bord de mer), plus attrayante que le Marin englué dans son marigot aux restaurants assez peu inspirés.
Il y a encore pas mal à faire, mais le rythme de travail va en décroissant. Et puis nous pouvons nous baigner. Seul bémol : la saison des pluies s’attarde et nous recevons en moyenne 3 ou 4 averses serrées par jour, sans compter la nuit… Mais quand l’eau qui tombe est bien chaude, l’inconvénient est minime.
Prochaines destinations (lorsque tout sera prêt et que le vent ne sera plus au SE) : Ste Lucie, St Vincent et les Grenadines, Carriacou ; puis nous reviendrons en Martinique vers la fin de l’année.
Majorque
Espagne
Petit saut des Caraïbes vers les Baléares et croisière de 15 jours autours de l’île de Majorque sur « Winiko », un Hanse 495, le voilier d’un ami allemand, qui passe l’année à Palma.
Dans les années 90, nous avons souvent navigué du côté des Baléares avec notre précédent voilier « Élise ». 25 ans après, on reconnaît encore les lieux, surtout les parties de l’île demeurées sauvages ; pour le reste, les Espagnols adorent le béton et on a beaucoup construit sur ce bout de terre situé à une ou deux heures d’avion des grandes villes européennes. Les prix ont suivi.
Actuellement, un mouvement « Tourists, go home » s’est emparé de la ville de Palma, saturée de paquebots de croisière et d’appartements touristiques, sans compter les nombreux résidents allemands.
En dehors des marinas saturées et fort chères, il y a pas mal de bouées payantes (Sant Elm, cala Formentor, etc.), mais il reste pas mal d’endroits où ancrer, ce qui est plutôt positif. La bouée est louée environ 40 € par nuit pour un voilier de 15 m ; il vaut mieux s’annoncer et ne pas être encore là à 13 h, sinon un supplément est immédiatement exigé…
Je dois dire que, malgré les dizaines de milliers de voiliers parqués aux Baléares, dès qu’on s’éloigne les zones surpeuplées, on ne voit plus grand monde en mer (2nde quinzaine de juillet).
Peu de vent. Lorsqu’il y en a, il suit bêtement la côte et nous souffle dans le nez. La tramontane, ce vent du nord qui soulève une houle impressionnante aux abords du cap Formentor, est aux abonnés absents. En revanche, la houle, imprévisible, car produite par un coup de vent lointain, peut rendre un mouillage inconfortable, surtout quand il n’y a pas de vent.
La côte NW, montagneuse et pittoresque, est la partie la plus pittoresque de l’île, avec ses à-pics impressionnants, notamment la péninsule de Sa Foradada où nous étions pratiquement seuls au mouillage il y a 25 ans. Le trou de la roche percée s’est agrandi et les bateaux sont aujourd’hui plus nombreux.
Par beau temps établi et houle discrète, on peut aimer les calas de la côte exposée au NE (cala d’Or, cala Figuera, cala Gran, cala Mitjana, etc.), mais elles sont étroites et parfois suroccupées ; l’ancrage devient alors un art.
La dernière journée de navigation de l’anse de la Rapita jusqu’à Palma (23 MN) nous a enfin offert un vent portant de 10-15 nds.
NB : Mon smartphone a égaré une partie des photos. Tant pis !
L'archipel des Saintes
Caraïbes
« Un jour où l’autre, vous viendrez aux Saintes. Ce jour-là, vous n’en reviendrez pas ! », écrit-on à l’Office de tourisme. Je me demande si « vous n’y reviendrez pas » ne serait pas plus correct, en tout cas pas en hiver par vent frais, car le site est ouvert à tous les vents et surtout à la houle de l’Atlantique.
J’écris cela, mais nous y sommes revenus trois fois en l’espace de deux mois… avec des équipages différents, il est vrai.
Les Saintes, situées entre la Dominique et la Guadeloupe, se composent d’un groupe d’îlots plus ou moins importants, en partie habitables. Terre-de-haut et Terre-de-bas en sont les principaux.
La troisième plus belle baie au monde, affirme-t-on, un village pittoresque, des randonnées magnifiques (pour ceux qui aiment escalader des sentiers abrupts), des panoramas à couper le souffle sur la Guadeloupe, Marie-Galante et la Dominique, des plages protégées (pas toutes !), une belle eau de baignade… Tout cela est vrai. Les Saintes font une merveilleuse carte postale qu’il faut avoir vue au moins une fois.
Ces superlatifs génèrent dans les restaurants et les boutiques des prix élevés dignes de la Côte d’Azur. Faut dire que la commune est dans une situation financière plus que déplorable… La gestion assez personnelle du maire condamné en première instance n’y est pas pour rien !
À Terre-de-haut, une société privée LMS (les Saintes multiservices) gère la location d’une petite centaine de bouées pour le compte de la commune. Prix : 13 € par jour pour un 13 m. Le site Internet présente de magnifiques photos, il semble toutefois en panne d’informations sur les tarifs et les services offerts [à l’époque]. En revanche, le ramassage des sous fonctionne selon une régularité d’horloge dès 8 h du matin.
Les bouées les moins exposées sont dans l’anse Mire, derrière l’îlet à Cabrit ou derrière le Pain de sucre, mais il n’est pas facile d’en obtenir une, car elles semblent occupées en permanence et, lorsque par hasard l’une se libère, des annexes se précipitent aussitôt pour en prendre possession. Ça ressemble assez à une campagne promotionnelle pour le nutella ! Par alizé établi, les autres bouées ― celles qu’on a implantées à peu près n’importe où dans l’anse du Bourg ― garantissent au bateau et à l’équipage un jerk endiablé et des amarres usées jusqu’à la corde (rassurez-vous, pour un service très inférieur, vous paierez le même prix !). On peut aussi ancrer à l’extérieur des bouées jaunes, là où les fonds sont importants…
S’il l’on est pas un randonneur aux jambes musclées, louer un petit véhicule électrique pour parcourir Terre-de-haut est l’idéal (70 € pour la journée). Le problème est qu’en haute saison c’est aussi compliqué que d’obtenir une bouée en zone protégée. Depuis Trois-Rivières, Basse-Terre et Pointe-à-Pitre, des vedettes déversent régulièrement des flots de voyageurs sur les Saintes, qui ont réservé leur véhicule de longue date. Alors, on se rabat sur un scooter : moins écolo mais efficace.
Le musée du fort Napoléon, consacré aux Saintes, n’est pas inintéressant et la guide locale a une verve qui vaut le détour. Le fort lui-même ne doit pas grand-chose à Napoléon et n’a jamais été mêlé à la moindre bataille ; il vaut surtout par le point de vue exceptionnel qu’il offre sur le reste de l’archipel.
Terre-de-bas ne donne pas lieu à cette exploitation touristique forcenée ; il n’y a hélas pratiquement pas un seul mouillage praticable par vent fort.
Aller des Saintes vers Pointe-à-Pitre n’est pas simple quand l’alizé tient la forme. On doit remonter au vent, lutter contre la forte houle créée par les hauts-fonds et étaler le courant qui nous dépale vers l’ouest. Généralement, sauf si le vent est d’ESE, on ne passe pas la pointe de la Capesterre sur un bord et il vaut mieux aller bien au large sur le second bord et serrer le vent au mieux.
Autre solution moins académique : grand-voile et moteur au vent, au moins pour sortir du plateau sous-marin des Saintes, où les vagues sont assez impressionnantes et ralentissent beaucoup la marche de l’esquif.
Vous l’avez compris, en voilier, pour jouir pleinement de ce site enchanté, il vaut mieux que l’alizé se fasse discret.
Marie-Galante
Caraïbes
Île située à égale distance de la Guadeloupe et de la Dominique (13/14 MN), Marie-Galante est une haute falaise de 200 m vallonnée de 15 km de diamètre, qu’on nomme aussi « la grande Galette », car elle est à peu près ronde. Elle fut baptisée par Christophe Colomb en 1493, lors de sa deuxième expédition, d’après son bateau amiral « Santa-Maria-de-Galanda ».
Première traversée en février (16 MN au 171 de Sainte-Anne à Saint-Louis) sous génois seul en un peu moins de 3 heures par un alizé d’est de 25 nds généré par un anticyclone gonflé à bloc et une grosse houle impressionnante par le travers. Conditions hivernales assez fréquentes.
Seconde traversée (18 MN au 145 du Gosier à St Louis) trois semaines plus tard sous grand-voile 2 ris et moteur par un alizé d’ESE de 20 nds et une houle de 2 m 50.
À Saint-Louis, il y avait les deux fois pas mal de bateaux au mouillage ; mais, par fort vent orienté au nord, la pointe du Cimetière offre une protection aléatoire et la rade est traversée par des rafales croisées et des courants assez brutaux qui tirent les bateaux à hue et à dia et font couiner les aussières sur les taquets. Le mouillage a été beaucoup plus agréable la seconde fois sur ancre, lorsque le vent tournait vers le SE ; dans ce cas, la rade est parfaitement bien abritée.
En fait, on a le choix entre nav’ vent dans le nez pour aller et mouillage confortable ou (petit) largue et mouillage agité.
Contrairement aux Saintes, les bouées sont gratuites ; mais, comme aux Saintes, on y sacrifie ses amarres par forte houle et beaucoup y ont renoncé.
Grand-Bourg, c’est la grande ville de l’île (5 000 hbts) située au SW et protégée de la houle par ses digues, car la barrière de corail laisse passer les vagues. Impossible de se loger dans le fond du port. Trop en avant, on risque de toucher son voisin ; trop en arrière, on gêne le ferry. Alors, nous sommes retournés à Saint-Louis et, lors de notre second passage à Marie-Galante, nous avons pris un taxico de Saint-Louis à Grand-Bourg (2 € le trajet).
Très tôt, les sucreries et les distilleries ont constitué l’essentiel de l’économie de l’île (d’où son autre nom : « L’île aux cent moulins »). En 1790, sur 11 500 Galantais, 9 400 étaient des esclaves ― l’un des ratios les plus élevés des Caraïbes. La lente agonie de l’économie de la canne à sucre a divisé le nombre d’habitants par 3 entre la 2nde guerre mondiale et aujourd’hui (11 000 hbts).
Point d’orgue de notre premier séjour : bœuf musical organisé par Delphine et Yves chez Judith à Saint-Louis pour fêter leur retour en la France. Chacun y est allé de sa chansonnette. Sympathique soirée.
Judith a 3 métiers : elle tient un bar, elle élève des animaux et elle participe à la moisson de la canne à sucre. Sans ces trois activités, elle ne pourrait vivre décemment, nous dit-elle. Ici comme partout, il y a ceux qui se donnent de la peine et ceux à qui le soleil et le le RSA suffisent…





























































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































