La Gomera – Valle Gran Rey
La Gomera - Valle Gran Rey
Canaries - Espagne
Située à l’ouest de l’île de La Gomera, la petite ville de Valle Gran Rey a été colonisée par les Allemands il y a de cela longtemps. L’ex-chancelière Angela Merkel venait déjà y passer ses vacances avec ses parents lorsqu’elle était jeune. Quand vous entrez dans une boutique ou un café, ne vous embarrassez pas de votre espagnol balbutiant, on vous adresse la parole en allemand. D’ailleurs, la plupart des commerces sont aux mains de nos voisins d’Outre-Rhin. Quand un Allemand s’installe dans un bel endroit, il en parle et la colonie se forme irrémédiablement. C’est ainsi que de nombreux lieux touristiques sont devenus des territoires annexés par Berlin.
Quand j’en parle avec eux, ils me répondent : l’Allemagne n’a pas de TOM-DOM, ce qui est vrai, alors elle compense par une occupation touristique, économique et financière, ce qui, dans un premier temps, a ravi les locaux avant qu’un rétropédalage ne s’amorce un peu partout. Pour le moment, pas trop encore à Valle Gran Rey.
La Gomera a longtemps été une terre de tribus où des chefs se répartissaient le territoire à grand renfort d’alliances. L’un d’entre eux avait le titre de « grand roi » de l’île et c’est ainsi que la ville de « Valle Gran Rey » (Vallée du Grand Roi) aurait été baptisé. Il est vrai aussi que c’est la vallée la plus ouverte de La Gomera quand de nombreux barrancos (des ravines étroites), par où l’eau des torrents ruisselle par forte pluie du plateau de Garajonay (altitude 1484 m), strient et déchiquettent la côte de l’île.
Valle Gran Rey est une bourgade agréable malgré une petite plage toujours bondée mais protégée des rouleaux par une barrière rocheuse. Le front de mer et le vieux village, dominés par d’impressionnantes falaises, offrent de bons restaurants et ce qu’il faut pour passer d’agréables vacances.
Nous y avons subi des vents très violents, jusqu’à 66 nds au compteur, car l’alizé, qui était au mieux de sa forme, soufflait du nord le long de la côte occidentale et, en outre, traversait l’île en empruntant les multiples failles du relief et de la côte ; les flux d’air nous tombaient dessus dans des tourbillons puissants formés par le relief. Le pire arriva au début de la nuit avec un embarras de chaîne de deux bateaux mouillés à proximité qui nous obligea également à relever notre ancre, car l’un d’entre eux s’était confortablement installé en déroulant une longueur de chaîne invraisemblable…
Nous avons tourné en rond un temps dans la nuit et, craignant de remouiller au milieu des fortes rafales, nous avons préféré quitter les lieux et nous sommes dirigés vers le sud de l’île. Sortis de la baie, nous avons constaté que le vent ne passait plus, mais nous avons attendu l’aube pour mouiller dans la cala Cantera, étrangement protégée des rafales furieuses ; puis, le vent déclinant, nous avons pu mouiller derrière la Roca de Iguala à l’entrée de la baie de Valle Gran Rey avant de mettre le cap le jour suivant sur l’île de La Palma à quelque 40 MN au NW.
Avant le gros coup de vent, nous avons pu parcourir le sud-ouest de l’île en louant des vélos électriques. Le loueur allemand nous a conduit dans les hauteurs du côté de Arure avec son pick-up, car nous aurions déchargé nos batteries presque complètement lors d’une ascension particulièrement abrupte. Manque de chance, la vue n’était pas dégagée, faute à la calima (vent d’est qui transporte du sable saharien), et nous n’avons pas pu jouir pleinement des paysages grandioses de La Gomera. Toutefois, en longeant le parc naturel de Garajonay, nous avons pu aller jusqu’à la forteresse de Chipude, un monument naturel, unique par son emplacement, ses vues et ses origines lointaines, que l’on peut observer depuis pratiquement n’importe quel point du sud de l’île. L’érosion et le passage du temps ont révélé un plateau presque parfait qui s’élève à 1 243 mètres au-dessus du niveau de la mer et qui est accessible par un sentier menant à son sommet.


















































