L’île volcanique de La Palma
L'île volcanique de La Palma
Canaries - Espagne
La Palma, « la isla bonita » (la belle île), disent les Espagnols, est située au NW de l’archipel des îles Canaries : d’une longueur d’environ 45 km, montagneuse et volcanique, comme toutes les Canaries et toutes les îles de l’Atlantique, elle est en forme de triangle allongé pointe en bas et, en majeure partie, couverte de forêts. Ce qui est particulièrement impressionnant, c’est qu’autour de La Palma il y a des fonds marins de 4000 m et que le sommet le plus élevé (Roque de Los Muchachos) atteint 2426 m au-dessus de la surface de la mer.
Le risque de glissement dans l’Atlantique d’une partie du Cumbre vieja, du fait des structures différentes des deux principaux massifs volcaniques qui pourrait créer dans 10 ou dans 100 000 ans un tsunami géant sur les côtes américaines et européennes, est réel, mais les scientifiques ne sont pas unanimes sur les conséquences du cataclysme.
Nous avons pu observer deux phénomènes volcaniques dignes d’intérêt : le premier, très ancien, la caldera de Taburiente ; le second, très récent, la naissance du volcan Tajogaite sur la face ouest du massif volcanique Cumbre vieja.
La caldera de Taburiente et son enceinte de pics sont les restes d’un stratovolcan effondré. Créé en 1954 et agrandi en 1981, le Parc national est un espace qui invite à découvrir un autre univers : depuis les pics, situés à près de 2 500 m d’altitude et accessibles en voiture par la très sinueuse LP-4 en direction de Los Alamos, les visiteurs peuvent profiter des superbes panoramas habituellement réservés aux alpinistes. À cela s’ajoutent la floraison spectaculaire de certaines espèces uniques et les roches volcaniques aux couleurs variées. On peut aussi y accéder par la LP-302 au sud de la caldera : El Paso, la carretera de la Cumbrecita qui mène au mirador du même nom, à condition de s’être fait enregistrer auparavant. Pas toujours simple avec les incendies de forêt l’été et la capacité limitée du mirador l’hiver.
Un chemin descend dans la caldera, mais il est très abrupt. Nous sommes restés sur les hauteurs, à proximité du mirador de la Cumbrecita. L’ermitage de la Vierge au Pin (Ermita Virgen del Pino) a été construit auprès d’un pin qui doit être âgé de 800 ans. Selon la légende locale, une petite image de la Vierge Marie a été découverte dans les branches de l’arbre vers les années 1490 par des soldats, donnant son nom au lieu.
Le Cumbre vieja (1944 m) n’est pas seulement un volcan ; c’est l’épine dorsale de La Palma. Pendant des décennies, il a dormi paisiblement, montrant sa crête silencieuse de forêts de pins et de cratères anciens. En septembre 2021, il s’est réveillé avec une violence qui a captivé le monde. Pendant 85 jours, une nouvelle fissure (appelée aujourd’hui volcan Tajogaite) a craché des rivières de lave, remodelant la géographie de l’île, détruisant des milliers de maisons et créant une nouvelle péninsule dans l’océan Atlantique. Cet événement a été l’éruption la plus longue et la plus dommageable de l’histoire de La Palma, comme un rappel brutal de la puissance géologique brute qui a formé cet archipel.
Des fumerolles s’échappent constamment du Tajogaite, mais on peut l’observer en contrebas. Inutile de dire qu’il est sous haute surveillance… Les Canariens ont déjà reconstruit en grande partie les espaces conquis par les coulées de lave et ne s’inquiètent pas d’une autre éruption.
Nous étions déjà venus à Tazacorte, marina située à l’ouest de l’île, en 2015 pour le carénage de Mindelo avant notre précédente transat. La marina est belle et sûre avec son énorme double mur qui la protège des assauts des déferlantes de l’Atlantique. Deux inconvénients de taille : le prix élevé et la situation à l’écart de tout, sauf du village de Tazacorte et de ses restaurants ; sans compter la proximité du volcan et la dangerosité des baignades sur une plage où les vagues sont puissantes.
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