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12. Marie-Galante, la plage de l'anse Canot

Dernières images de Guadeloupe

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Antilles

Voir aussi nos articles des 5, 9 et 16 mars 2018 ci-dessous.

Un petit tour à Marie-Galante. Traversée rapide sous génois et artimon des 20 MN qui séparent l’île ronde (Marie-Galette) de la Caye d’Argent (Pointe-à-Pitre).

Contrairement aux Saintes, dont le site attire de très nombreux touristes, Marie-Galante offre un visage paisible, bucolique, plein de charme. La baie de St Louis peut abriter de nombreux bateaux et l’atmosphère y est familiale. On se retrouve Chez Henri au bord de l’eau ou Chez Judith dans la rue principale, et on parle devant un planteur, un ti-punch ou une bière de… navigation, de la houle, du vent, des croisières passées ou à venir.

Promenade vers le nord jusqu’à la très belle plage de l’anse Canot, où la houle ne permet le mouillage que par alizé modéré.

Au retour, nous sommes allés en voiture à Ste Anne et à St François, sur la côte sud de la Guadeloupe exposée à la houle. Les passes, il vaut mieux les connaître et les pratiquer par beau temps, car elles sont parfois encadrées de rouleaux peu avenants. Des plages se trouvent derrière les barrières de corail et, à St François, un port de plaisance, dans lequel on ne doit pas pouvoir pénétrer tous les jours.

Pour en savoir plus, c’est ici.

Au musée des Beaux-Arts de St François, un petit musée de 5 salles qui donne sur la marina, l’accent est mis sur les artistes Guadeloupéens, parmi lesquels Guillaume Guillon Lethière, né à Sainte-Anne en 1760 et mort à Paris en 1832, dont les œuvres sont aussi exposées au Louvre ou à St Pétersbourg.

Située à la pointe SE de la Guadeloupe, la Pointe des châteaux offre un magnifique panorama sur la Désirade (cette île longiforme appelée ainsi par Christophe Colomb lors de son 2ème voyage en 1493, parce que c‘était la première terre aperçue depuis les Canaries), les îles de Petite terre, Marie-Galante et la Dominique. L’océan y jette ses lourdes vagues formées par l’alizé sur des milliers de milles.

Notre retour vers le Lagon bleu était aussi notre dernier bord sur Mindelo, que nous avons cédé à Nolwenn et à Alexis qui vont entreprendre une traversée du Pacifique. Après 16 années de compagnonnage et des dizaines de milliers de MN parcourus,  ça fait tout de même quelque chose de l’abandonner… Mais nous sommes heureux de savoir qu’il continuera de naviguer autour du monde en bonne compagnie et ne restera pas échoué dans une vasière.

Bon vent à notre vaillant destrier et à ses nouveaux propriétaires enthousiastes !

PS : Pour des raisons personnelles, Nolwenn et Alexis ont dû renoncer à leur projet et, 4 années plus tard, nous avons retrouvé Mindelo à Las Palmas, aux mains d’un nouveau propriétaire, Gaétan, officier de marine, avec qui nous avons passé un bon moment à bord.

Marie-Galante

Marie-Galante

Caraïbes

Île située à égale distance de la Guadeloupe et de la Dominique (13/14 MN), Marie-Galante est une haute falaise de 200 m vallonnée de 15 km de diamètre, qu’on nomme aussi « la grande Galette », car elle est à peu près ronde. Elle fut baptisée par Christophe Colomb en 1493, lors de sa deuxième expédition, d’après son bateau amiral « Santa-Maria-de-Galanda ».

Première traversée en février (16 MN au 171 de Sainte-Anne à Saint-Louis) sous génois seul en un peu moins de 3 heures par un alizé d’est de 25 nds généré par un anticyclone gonflé à bloc et une grosse houle impressionnante par le travers. Conditions hivernales assez fréquentes.

Seconde traversée (18 MN au 145 du Gosier à St Louis) trois semaines plus tard sous grand-voile 2 ris et moteur par un alizé d’ESE de 20 nds et une houle de 2 m 50.

À Saint-Louis, il y avait les deux fois pas mal de bateaux au mouillage ; mais, par fort vent orienté au nord, la pointe du Cimetière offre une protection aléatoire et la rade est traversée par des rafales croisées et des courants assez brutaux qui tirent les bateaux à hue et à dia et font couiner les aussières sur les taquets. Le mouillage a été beaucoup plus agréable la seconde fois sur ancre, lorsque le vent tournait vers le SE ; dans ce cas, la rade est parfaitement bien abritée.

En fait, on a le choix entre nav’ vent dans le nez pour aller et mouillage confortable ou (petit) largue et mouillage agité.

Contrairement aux Saintes, les bouées sont gratuites ; mais, comme aux Saintes, on y sacrifie ses amarres par forte houle et beaucoup y ont renoncé.

Grand-Bourg, c’est la grande ville de l’île (5 000 hbts) située au SW et protégée de la houle par ses digues, car la barrière de corail laisse passer les vagues. Impossible de se loger dans le fond du port. Trop en avant, on risque de toucher son voisin ; trop en arrière, on gêne le ferry. Alors, nous sommes retournés à Saint-Louis et, lors de notre second passage à Marie-Galante, nous avons pris un taxico de Saint-Louis à Grand-Bourg (2 € le trajet).

Très tôt, les sucreries et les distilleries ont constitué l’essentiel de l’économie de l’île (d’où son autre nom : « L’île aux cent moulins »). En 1790, sur 11 500 Galantais, 9 400 étaient des esclaves ― l’un des ratios les plus élevés des Caraïbes. La lente agonie de l’économie de la canne à sucre a divisé le nombre d’habitants par 3 entre la 2nde guerre mondiale et aujourd’hui (11 000 hbts). 

Point d’orgue de notre premier séjour : bœuf musical organisé par Delphine et Yves chez Judith à Saint-Louis pour fêter leur retour en la France. Chacun y est allé de sa chansonnette. Sympathique soirée.

Judith a 3 métiers : elle tient un bar, elle élève des animaux et elle participe à la moisson de la canne à sucre. Sans ces trois activités, elle ne pourrait vivre décemment, nous dit-elle. Ici comme partout, il y a ceux qui se donnent de la peine et ceux à qui le soleil et le le RSA suffisent…