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23. Coco reef, le resort en face de notre mouillage

Tobago, notre première Caraïbe

Tobago, notre première Caraïbe

Caraïbes

Ici à Tobago, on ne peut se tromper, les couleurs sont vraiment les couleurs des Caraïbes telles qu’on les imagine dans les contrées grisailleuses : une mer d’un bleu éclatant, un ciel qui alterne le bleu clair avec le blanc ou le gris des nuages, un lagon aux eaux d’un vert clair transparent, des palmiers, des plages en arc de cercle, un sable jaune blanc…

En 1498, lors de sa 3ème expédition, Christophe Colomb passe au large de Tobago ; il nomme l’île Bella Forma, mais ne s’y arrête pas. Le nom de Tobago, donné par les Amérindiens, restera. Tobago signifiait pipe (la forme de l’île ?) et non tabac, comme l’ont cru les Espagnols. Durant les siècles qui ont suivi, l’île a changé 31 fois de main : un jour hollandaise, le lendemain française, courlandaise, anglaise…

Daniel Defoe a situé l’île de Robinson Crusoé du côté de Tobago et il est probable que Stevenson a écrit l’Île au Trésor, la première vraie histoire de pirates pour les jeunes lecteurs, en pensant à Tobago.

En 1962, l’île de Tabago constitue un état nation anglophone en se mariant avec l’île voisine de Trinidad, beaucoup plus grande et proche du Venezuela.

Seulement 40 km sur 12, mais un relief époustouflant dû à une chaîne montagneuse d’origine volcanique recouverte d’une forêt vierge qui occupe la plus grande partie de l’île. Les versants des vallées qui strient l’île ont des abrupts saisissants. Il n’est pas extraordinaire d’avoir des déclivités de 20 ou 25 %, aussi bien du côté mer qu’à l’intérieur de l’île. On se demande toujours si la voiture va monter ou redescendre vers l’abrupt en marche arrière.

Les baies de la côte occidentale seraient des mouillages praticables si l’île n’était orientée dans l’axe des alizés ; toutefois, ils sont en général utilisables au printemps, quand le vent perd de sa force et souffle d’est.

La zone de mouillage de Store bay, où nous avons passé près d’un mois, se trouve au sud-ouest de l’île, entre Pigeon point et Crown point (cf. carte) ; elle est protégée en partie par le Buccoo reef, un vaste récif corallien devenu une zone de loisirs nautiques, où les vagues viennent briser, mais il y a parfois de la houle.

L’aéroport situé sur Crown point n’est pas particulièrement gênant, car Store bay n’est pas sous son vent. Attention en mouillant au câble de 33 000 volts qui relie Trinidad à Tobago ! Des panneaux indiquent son axe.

Autrement : Laundry derrière le resort Coco reef, d’où ressort un linge impeccable, pizzeria La Cantina aux bonnes salades et pizzas (c’est un italien de Como qui cuisine) juste à côté, le Coco reef lui-même est cher et bon, sans plus ; voir éventuellement son annexe qui donne sur la rue derrière la plage.

Une rencontre sympathique (parmi d’autres) : Patricia et Ernest, citoyens helvétiques originaires du canton de Vaud, qui voyagent depuis 8 ans sur leur trawler de 12 m en alu Maranatha qu’ils ont construit eux-mêmes, non seulement sur les canaux, mais aussi sur l’océan.

Le check in doit être fait à Scarborough, sur la rive orientale (il y a un bus), en passant du contrôle de police à la douane. En arrivant à la douane, j’avais les documents tamponnés par la police, les leur ai remis, mais la douanière les a égarés dans son indescriptible fouillis. J’ai failli être pris pour un trafiquant, car on a jamais retrouvé les documents en question. Heureusement, un Allemand qui faisait son clear out s’est porté témoin de la remise effective des papiers et la douanière fautive n’a pas insisté.

Nous repasserons fin avril par Tobago, puisque notre vol Condor vers Francfort décolle de Crown point, l’aéroport local.

20. Tout ça... pour ça...

Du Suriname vers Tobago

Du Suriname à Tobago

Amérique du sud vers Caraïbes

500 MN (900 km), descente du fleuve incluse, c’est la distance qui nous restait à parcourir jusqu’aux Caraïbes. Grâce au courant équatorial, nous les avons avalés en 3 jours sous génois largement réduit et grand-voile à 3 ris (réduction maximale), soit à 7 nds de moyenne, avec des accélérations de 8 à 9 nds des heures durant.

Il y avait du vent : un bon force 6, que nous avons pris sous un angle de 50/60°, lorsqu’il a fallu nous éloigner de 100 MN de la côte pour sortir du socle continental, éviter les barques de pêche et les vagues de hauts-fonds.

Dans première partie du trajet, les vagues sont venues d’un peu partout, du fait que le vent et le courant se contrariaient, que l’anticyclone des Bermudes (ce sont toujours les anticyclones qui fabriquent les alizés) se déplaçait rapidement vers l’est et que nous étions toujours à la limite de la « marche ». L’une a balayé le pont, a réussi à s’infiltrer sous la capote de cockpit et à nous arroser ; une autre, venant de 3/4 arrière, est tombée dans le cockpit et a envoyé 10 ou 15 litres d’eau dans l’entrée restée ouverte. Précaution oubliée = nettoyage obligé…

À notre arrivée à proximité de Trinidad, le vent est passé à l’est, nous contraignant au vent arrière sur des hauts-fonds, dans une mauvaise houle et dans une succession de grains ininterrompue. Génois enroulé pour éviter de d’avoir à gérer des vents de bourrasque, moteur en accompagnement de la grand-voile, que le pilote arrivait à maintenir sur sa panne.

Après le contournement du Drew shoal (haut-fond où peuvent déferler les vagues) au sud de l’île de Tobago, cap au NE vers Store bay contre un vent de 30/35 nds et une pluie diluvienne. Notre premier contact avec les Caraïbes !

Malgré la rapidité du voyage, nous n’avons pas été mécontents de jeter l’ancre, d’autant que, peu de temps après notre arrivée, le ciel est passé du gris sombre au bleu azur.

Dans ce type de mer, la stabilité impressionnante de l’Amphitrite rassure énormément et fait la différence. Certes, le bateau est parfois bousculé, mais les 5 tonnes de plomb qu’il a sous lui le maintiennent sur sa trajectoire. Bravo aussi au pilote électrique, un AP26 Simrad à bord depuis 10 ans, qui tient le cap et et réagit sans traîner aux mouvements irréguliers des vagues, parfois même à leurs brusques emportements.

Comme toujours, les photos ne rendent pas vraiment compte de l’état de la mer ; d’ailleurs, quand le vent monte brutalement, on oublie l’appareil photo.

N.B. Pour les néophytes : ce n’est pas encore la tempête…