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De retour à Mindelo
Archipel du Cap-Vert
Ce pays (Ess pais)
Viens faire la connaissance de notre petit Mindelo
Viens et apprécie notre pays
Viens au paradis des amoureux
Que nos poètes chantent avec amour
En vers créoles langue immortelle
Celui qui ne connaît pas Mindelo
Ne connaît pas le Cap Vert
Apprécie le sens de l’accueil
De ce pays ouvert comme aucun autre
Nous ne sommes pas riches
Nous n’avons ni or ni diamants
Mais nous avons la paix de Dieu
Qui n’existe nulle part ailleurs au monde
Viens connaître notre pays
Chanson de Cesaria Evora (1941-2011), chanteuse originaire de Mindelo
Nous retrouvons Mindelo six semaines l’avoir quitté pour aller visiter d’autres îles du Cap-Vert. L’alizé qui était très au nord à notre arrivée nous a contraints à naviguer au près bon plein contre un vent apparent de 25 à 35 nds, qui s’est encore renforcé à l’approche du canal séparant São Vicente de Santo Antão (55 nds), que nous avions embouqué par le sud suite à une mer agitée et une dérive importante.
Les voiliers en attente sont peu nombreux : beaucoup ont déjà pris la route des Caraïbes, quelques-uns celle du Brésil.
Bientôt, ce sera notre tour, probablement le 10 mars. Cap au SSW pour parcourir en une dizaine de jours les 1320 MN qui nous séparent des îles brésiliennes de Fernando de Noronha, où nous nous arrêterons quelques jours, avant de rejoindre l’état du Paraíba. Au menu, brises légères et le fameux Pot-au-noir (en termes savants : zone de convergence intertropicale), cette zone de turbulence au nord de la ceinture équatoriale, où le vent est inconstant et souvent inconsistant.
Nous quittons le Cap Vert où nous sommes arrivés le 26 décembre, emportant avec nous le souvenir de belles rencontres : Popeye, notre vaillant vaudois, qui s’est ancré pour longtemps à Mindelo, Mizé, la capverdienne qui a la danse dans le sang (pléonasme) et sa ravissante petite fille Alicia, Christopher, l’Américain tout en verve et de bonne humeur, parti, après bien des déboires, pour une longue traversée vers l’île de St Thomas aux Caraïbes, avec son chien Bluebell, Nicolas et Katell, les Bretons rencontrés à Boa Vista, que nous reverrrons peut-être au Brésil, le groupe de maiotais dont nous vous avons déjà parlé…
À bientôt, sur l’autre rive, à la découverte de l’Amérique.
Pour les djeun’s et les moins jeunes un petit film drôle « Questions pour un moussaillon », tourné et réalisé par nos équipiers Nathalia et Vincent : c’est ici.
Mindelo renoue avec ses origines
Archipel du Cap-Vert
L’incontournable du Cap Vert : la ville de Mindelo, située sur l’île de São Vicente au fond d’une grande baie orientée au NW, dernière étape avant la transat pour la plupart des bateaux de passage.
Les uns restent au mouillage et bidonnent, c’est-à-dire charrient leur eau et leur gazole sur leurs annexes dans des bidons, sans compter les courses pour 2 ou 3 semaines de traversée ; les autres vont à la marina, la seule du Cap Vert, et paient le prix fort pour un confort très très relatif : la marina est juste un assemblage de pontons qui n’offrent aucune protection contre la houle du large et les aussières, tirées à hue et à dia, ne parviennent pas à contenir les mouvements erratiques des bateaux.
Le nom de Mindelo (ça nous intéresse doublement !) a été attribué à la ville en 1838 après la guerre civile portugaise, car c’est le nom d’une petite commune proche de Porto où les libéraux ont débarqué pour renverser le souverain en place. Je me demande si notre bateau aurait pris le nom de (Vila) Leopoldina, obscure princesse autrichienne, si la ville n’avait pas été débaptisée…
En tout cas, avec le douanier qui ne parlait que le portugais, ça n’a pas été simple (je traduis grosso modo) :
– Nom du bateau ?
– Mindelo.
– Non, Mindelo c’est la ville où nous sommes.
– D’accord, mais notre bateau se nomme Mindelo.
L’incompréhension était totale. Il a fallu lui mettre les papiers du bateau sous le nez pour qu’il comprenne que je n’étais pas un demeuré ou que je ne me foutais pas de lui.
Mindelo connaît ― comme toutes les cités du Cap Vert — un essor spectaculaire (47 000 hbts en 1990, 70 000 en 2010) ; on construit tous azimuts, pas toujours avec le souci d’un urbanisme bien pensé, y compris dans les endroits les plus pittoresques et les moins accessibles. Il faut dire que la diaspora capverdienne (700 000 capverdiens vivent à l’étranger — dont 30 000 en France ― pour 530 000 sur place) et les aides internationales contribuent beaucoup à ce développement.
Autrement, en quelques touches impressionnistes, des habits aux couleurs chamarrées, des sourires attachants, des jeunes hommes métissés aux corps athlétiques, des filles aux yeux en amande toutes plus belles les unes que les autres, de nombreux enfants en uniformes d’écoliers, des danseurs incomparables, un soleil permanent, une maigre végétation que courbe le souffle de l’alizé…
Nous ne serons plus là au temps du carnaval, événement auquel se prépare toute la ville des mois auparavant ; alors, Libé nous en donne un avant-goût.
En face de Mindelo, l’île de Santo Antão, tout en relief ; nous l’évoquerons dans notre prochaine livraison.
Les conditions météo sont très différentes que d’ordinaire à la même saison. L’anticyclone des Açores continue de se balader et se laisse même contourner par une grosse dépression qui interdit à tous ceux qui sont en attente la route des Caraïbes.
Nous avons quitté la marina de Mindelo et sommes revenus au mouillage. Température de l’air 31°, température de l’eau 25°3. Départ vers Tarafal sur l’île de São Nicolau vers le 15 janvier. Le moteur devra suppléer l’absence de vent.
Vidéo mouvementée sur les Canaries par Nathalia et Vincent. C’est ici.








































