Saint-Barth, l’île des nantis

St Barth, l'île des nantis

Caraïbes

Son nom lui vient du nom du frère de Christophe Colomb, Bartolomeo.

10 000 hbts, des descendants de Normands pour beaucoup, et des privilégiés. Le sommet de l’île n’atteint pas 300 m, mais le relief, très tourmenté, oblige les routes à des contorsions étonnantes et à des déclivités brutales. La partie occidentale n’est même desservie que par un sentier abrupt en corniche, où le promeneur joue souvent les équilibristes.

Saint-Barth, c’est l’île des ultra-fortunés, où les villas de luxe poussent comme des champignons et s’incrustent avec plus ou moins de bonheur dans un merveilleux paysage de mornes (collines) en voie de saturation, où les rues sont impeccablement entretenues, les traces du cyclone Irma effacées depuis longtemps, mais où tout se paie au prix fort.

Pour se faciliter la vie, on a classé toute l’île en « réserve naturelle marine ». Comme il y a des rochers un peu partout, les quelques aires de mouillage (payantes, il va sans dire, qu’on soit sur bouée ou à l’ancre) sont peu nombreuses et ne sont pas toujours d’accès facile.

Gustavia, la capitale, a hérité son nom du roi de Suède, parce que l’île a appartenu un temps aux Suédois ; les rues ont conservé une double dénomination, française et suédoise (un retour au passé, comme partout). C’est le mouillage le plus vaste et le plus commode pour visiter ou faire ses emplettes (pas trop, les boutiques de luxe abondent !), mais les bouées sont squattées sur de longues périodes par des CDD qui ne trouvent pas de logement à un prix décent et vivent sur des bateaux cyclonés. Derrière, ça remue pas mal et, quand le vent tourne au SE et que la houle vient prendre les bateaux par le travers, il vaut mieux fuir vers l’anse de Colombier, loin de toute cette richesse — si ce n’est la villa Rockefeller qui la domine depuis 1957 — mais sauvage et orientée à l’ouest ; on y trouve une très belle plage et une douzaine de bouées qui semblent être de bonne tenue.

De là, pour rejoindre le reste de l’île, on emprunte, jusqu’à la baie des Flamands, un sentier étroit et pierreux qui serpente au-dessus d’une côte sauvage, encore épargnée. Ensuite, course en taxi à 25/30 € + le retour. Location de voiture ou de scooters possible à St Jean (Hertz, Sixt…) ou à l’aéroport. En revanche, pas de voitures ou de vélos électriques, comme aux Saintes. À St Barth, on n’a pas trop la fibre écologique.

Le tarif pour mouiller devant Gustavia ? Longueur x largeur x 0,20 € par jour, soit environ 11 € pour un monocoque de 13 m ; moins cher dans l’anse de Colombier : 0,80 € par personne et par jour. On peut remplir le formulaire d’entrée/sortie sur le site de la capitainerie ; de toute façon, on s’y rend pour payer son dû.

Ah, j’oubliais : la maison de Johnny est à vendre au prix de 14,5 millions de $. Et notre voisin de mouillage (le yacht de 96 m) est Leslie Wexner, celui qui, chaque année, vend pour 12 milliards de $ de lingerie féminine sous la marque Victoria’s secret.

Enfin, vous l’avez compris, St Barth c’est un tout petit bout de France sur une autre planète. Curieux, nous n’avons pas vu un seul « gilet jaune »…

Pour en savoir davantage : site du journal

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FE. Philipsburg

3 commentaires

  1. Un peu sommaire votre description de St-Barth… Les traces d’Irma sont effacées à la vision des touristes… ce que vous êtes ma foi…
    Vous oubliez que pour « servir » les riches, et les touristes, où que ce soit dans le monde, il y a toujours une population (nombreuse) qu’on ne peut qualifier de « nantis », et vers lesquels vous n’êtes pas allé…

    • Merci de nous apporter un autre son de cloche, même si votre commentaire est lapidaire. Passer une semaine dans une île et y résider ne permettent pas de voir la même chose, d’autant que nous rendons compte de nos impressions sur une seule page assortie de photos. Le format est donc forcément réducteur.
      Le titre est ambigu, certes, mais il ne dit pas réellement ce que vous traduisez ; il faut plutôt lire : St Barth, l’île dédiée ou offerte aux plus fortunés. On ne peut pas ne pas voir ce qui est : le résidentiel haut de gamme et les nombreuses villas somptueuses construites ou en construction, les immenses yachts au coût pharaonique qui squattent le port et parfois toute la rade de Gustavia, les commerces de luxe en duty free, tout cela indique clairement dans quelle direction se développe St Barth.
      Nous parlons avec les gens que nous rencontrons, qui nous disent ce qu’ils veulent bien nous dire sur l’évolution de île. La principale difficulté pour tous ceux qui habitent l’île ou y travaillent est l’explosion des loyers, nous l’avons écrit, car le niveau de rémunération paraît assez élevé (voir les offres d’emploi).
      Le touriste navigateur a l’avantage de pouvoir comparer, lorsqu’il aborde dans la même saison vingt îles différentes ; il peut constater que le modèle de développement et le niveau de vie à St Barth sont assez éloignés de celui de la Dominique, de St Vincent ou de Ste Lucie. Même St Martin, l’île voisine frappée par le même cyclone, renvoie une image moins monolithique.

  2. Très intéressant sur le prix du. M2. Pour les vélos électriques, je ne pense pas que ce soit une question d’écologie mais plutôt de survie dans les routes se collines… même les scooters comptent se nombreux accidents…

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