Enfants de l’An Deux Mille

Enfants de l'An Deux Mille

Enfants de l’an deux mille
Qui venez dans ce monde chercher asile
Enfants de la planète entière
Ne vous conduisez pas comme vos pères

Affligeant décors de troncs sans feuillage
Rongés par les pluies acides des orages
Les forêts sont éventrées vil saccage
Pour que coule le bitume du voyage

Enfants de l’an deux mille
Qui venez dans ce monde chercher asile
Enfants de la planète entière
Ne vous conduisez pas comme vos pères

Tours anguleuses et murailles de béton
Construites en hâte à l’écart des donjons
Les cités neuves affichent la déraison
Des pelleteurs qui ravagent les champs blonds

Les rivières enchanteresses pures et limpides
Dansaient dans les prairies comme des sylphides
A présent elles charrient des boues fétides
Elles vont à la mer noires et languides

Enfants de l’an deux mille
Qui venez dans ce monde chercher asile
Enfants de la planète entière
Ne vous conduisez pas comme vos pères

Voilant l’azur du ciel de fumées grasses
Qui s’amassent comme des nuages de disgrâce
La religion du confort nous menace
De faire fondre du pôle nord la glace

Les océans souillés par le pétrole
Ont déjà des allures de nécropoles
Les fonds marins d’où surgissent les atolls
Éveillent aussi des instincts de viol

Enfants de l’an deux mille
Qui venez dans ce monde chercher asile
Enfants de la planète entière
Ne vous conduisez pas comme vos pères